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Agelena labyrinthica

Araignées agréablement décorées, comme l'affirme Dick Jones dans son guide des araignées d'Europe ! Comme quoi on peut trouver de la beauté là où ne s'y attend pas toujours. Sa beauté réside aussi pour moi dans sa toile spectaculaire si caractéristique de l'espèce.

Classification

: Arachnides

: Araneae

: Agelenidae

: Agelena labyrinthica


Bien des gens trouvent ces animaux répugnants, sales, laids. Appréciation fortement corrélée à notre ancestrale peur des araignées, à laquelle je n'ai pas échapé avant de me décider à les observer au lieu de les fuir.
8 juillet 2008, Peyre (Lozère - France)
Agelena labyrinthica Cinq ans après mes premiers clichés de cette araignée, je tombe par hasard sur cette posture très étonnante, presqu'amusante et comme sortie d'une bande dessinée, de ce spécimen qui semble se cacher au fond de ses pattes repliées... attitude d'affût, de repli, de dissimulation, de camouflage, de protection... aucune idée, mais je reste fasciné par sa souplesse, je n'en ferais pas autant !
Juillet 2003, Gorges de la Jonte (Lozère - France)
Agelena labyrinthica Agelena labyrinthica Agelena labyrinthica
Agelena labyrinthica Cette araignée tisse une grande toile d'aspect peu soigné sur les herbes, ici sur un talus moussu près de la rivière, plus ou moins épaisse, prolongée par une retraite tubulaire où la femelle s'embusque. Agelena labyrinthica
Cette toile n'est pas collante, mais les insectes se prennent dans le réseau de fils, et l'araignée surgit alors de son tunnel, puis y rapporte sa proie après l'avoir mordue pour lui injecter du venin, afin de la dévorer. Elle est très sensible aux vibrations et se retire dans son abri si quelqu'un approche (ce qui ne simplifie pas la prise de vue !). C'est une araignée brunâtre à carapace rouge-brun portant des bandes plus claires ; se distingue surtout par son motif en arête de hareng sur son abdomen brun. Le corps mesure jusqu'à environ 12mm de long. Elle se nourrit d'insectes, comme on le voit ci-dessous où elle rapporte dans son repaire une grande mouche ou syrphe.
Agelena labyrinthica Agelena labyrinthica Agelena labyrinthica
Apprendre à se méfier de ses interprétations
J'avais tout d'abord pensé et écrit (ce qui est plus grave) qu'elle ne dédaignait pas se nourrir de ses congénaires, comme on peut le voir sur la photo de droite ci-dessus, que vous ne manquerez pas d'agrandir pour profiter pleinement du spectacle (âmes sensibles s'abstenir). C'était aller un peu vite et mal connaître les moeurs et habitudes de ces animaux, ce qu'un visiteur naturaliste, Didier Roustide, a bien fait de me rappeler : « L'agelena de cette photo ne me semble pas se nourrir de sa congénaire. L'avez vous vue poursuivre et mordre la congénaire ? La congénaire s'est elle défendue ??? La taille respective des deux protagonistes est trop semblable pour que l'une parvienne à tuer l'autre. Je vous propose un autre scénario, vous avez probablement assisté à un accouplement. Les tégénaires prennent une position similaire pour leur accouplement. Le mâle introduit une partie d'une patte machoire dans l'épigyne de la femelle (situé sous l'abdomen prêt du céphalothorax). » Merci à Didier (Balades naturalistes) de m'avoir ainsi éclairer pour mieux vous renseigner. L'internet a ceci d'extraordinaire qu'il permet ce genre d'échanges au plus grand profit de tous.
L'acquisition du "Guide des araignées d'Europe" de D. Jones m'a permis d'en apprendre un peu plus sur cette espèce et entre autres, que le mâle et la femelle passent quelques semaines ensemble après avoir copulé. Il n'est donc pas si rare de pouvoir trouver les deux en même temps.
29 janvier 2007. Coup de théatre, plus de trois ans après la mise en ligne de ces photos, au hasard de ses pérégrinations "webiques" Denis Duverger apporte ses explications et remet tout en question : « J'ai été attiré par vos commentaires rectifiés sur vos photos et je vous confirme que votre première impression était la bonne. En tout premier lieu, ce n'est pas une taille similaire qui arrêtera une araignée déterminée à manger une consoeur. Ensuite, en regardant les photos je n'y vois pas de posture d'accouplement si l'araignée du dessous est un mâle. Pour s'accoupler, le mâle lève la femelle. C'est d'autant plus flagrant sur la dernière photo que la femelle est totalement agrippée sur l'araignée du dessous. Elle n'est pas en posture de maintien pour autoriser une pénétration. De plus son abdomen maigre est vraiment un signe qu'elle meurt de faim et a toutes les chances de succomber à la tentation de manger la première proie qui passe, fut-elle une araignée. Alors peut-être y a-t-il eu accouplement ou tentative d'accouplement auparavant, mais au moment de la prise des clichés un des protagonistes se remplissait la panse aux dépends du second. » Les avis divergent, comme souvent quand des spécialistes s'affrontent, mais cela a au moins le mérite de nous pousser à nous poser les bonnes questions, à défaut d'apporter des réponses absolues. Observer et peut-être finalement plus important que comprendre...
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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.