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Gorges de la Jonte

Une fabuleuse région pour l'amateur tant d'oiseaux que d'insectes. Mais le plus grand souvenir que je garde de mes vacances successives en ces lieux sont les vautours et leur spectacle quasi permanent dans les cieux surplombant la gorge et les causses environnants. La promenade sur le sentier des corniches d'où on les côtoie de très près reste chaque fois inoubliable.

Cliquez ici pour voir la carte de la région des gorgesCliquez sur cette carte de France pour découvrir la Lozère (le petit point jaune) et ses alentours avant que je vous raconte mes séjours en ces lieux.


Pour en savoir plus sur les Vautours de Lozère :

  • www.vautours.org : un site de la LPO entièrement consacré aux vautours et dont la délégation est à l'entrée des gorges.
  • percnoptere.lpo.fr : consacré au vautour percnoptère, encore rare dans cette région mais en cours de réimplantation.
  • Belvédère des Vautours : vous donne les infos pour aller à la rencontre de ces oiseaux dans les Gorges de la Jonte.
  • Et bien sûr mes pages consacrées au Vautour fauve, dont la plupart des photos proviennent de cette région.

Introduction
Ces gorges lozériennes, bien plus mal connues que leurs voisines du Tarn ont une importance capitale pour ce site car c'est en découvrant en 2002 des oiseaux qui en sont devenus emblématiques que j'ai décidé de me remettre à la photo et de les partager avec le plus grand nombre grâce à cet internet qui prenait alors son essor. Si le site vous plait, il vous faut donc remercier tout particulièrement le Vautour fauve et le Vautour moine que mon épouse et moi n'avons cessé de revenir admirer depuis chaque année ou peu s'en faut.

 

Situation géographique

Les Gorges de la Jonte, situées à la frontière de la Lozère et de l'Aveyron, entre le Causse Méjean et le Causse Noir, à 30km de Millau environ sont un paradis pour qui aime le calme. Une vingtaine de kilomètres sans presque rien d'autre que de la nature, sauvage à souhait. Ici, très peu d'Homo touristicus, on ne vient pas y chercher les boîtes de nuit, les cinés, les marchands de souvenirs, les pièges à gogos. La musique de nuit, c'est la rivière qui chante, le merle qui marque son territoire, le canard, les grillons et les cigales qui tardent à dormir, la chouette qui sort en chasse... Le ciné, c'est la toile noire du ciel constellée d'étoiles, loin de la pollution des lampadaires. Les souvenirs, on ne les achète pas, on les ramasse avec ses yeux, ses oreilles, son nez.

Une vingtaine de kilomètres, entre Le Roziers et Meyrueis, d'une vallée étroite et profondément encaissée entre deux falaises abruptes qui offrent peu de sentiers et encore moins de routes pour parvenir aux plateaux dominants. Une vallée qui laisse la place à la rivière qui l'a creusée et à une route où l'on se croise prudemment. Les maisons se comptent aisément sur ce tronçon, s'accrochant de leur mieux à la roche, se posant sur le moindre replat. Chacune avec son jardin, souvent minuscule, que l'on cultive humblement, genou en terre, en tenant compte de la pente.

 

Août 2002, première rencontre avec les Gorges
Le gîte Agrinier dans les Gorges de la Jonte Nous avions choisi pour cette première année un gîte situé en plein coeur des Gorges, au lieu-dit La Caze, où nous reviendrons à chaque nouvelle visite. Le gîte Agrinier et son potager

Cette maison, dans le virage, est au ras bord de la route, car ici le terrain plat manque cruellement pour faire mieux, et celui qui existait, on le réservait plutôt pour les cultures. Quand ces maisons ont été construites, la route n'était encore qu'empierrée, c'est dire la circulation de cette époque et ses risques. Aujourd'hui, en pleine saison touristique, ça reste encore supportable.

Le gîte Agrinier dans les Gorges de la Jonte C'est de cette maison que vous apercevez sur ces photos (prises l'année suivante), et de sa terrasse, que nous avons contemplé pour la première fois le ballet des Vautours. Vue de l'arrière du gîte
Assis dans un fauteuil, la tête en arrière, il n'y avait qu'à se laisser nourrir d'images. C'est un spectacle sans cesse renouvelé, jamais la même chorégraphie, même si les pas de deux sont fréquents. Dès les premiers souffles d'air chaud montant de la vallée en milieu de matinée, les plus dégourdis de ces grands planeurs s'élancent de leur falaise, ou des arbres où ils ont passé la nuit. Un, puis deux, puis trois, puis dix, vingt, quarante parfois, qui montent, qui cerclent, qui montent encore, toujours, plus haut, et puis s'en vont d'un Causse à l'autre, d'un long plané descendant, glissant sur l'air sans effort, sans un battement d'aile. Leur seul moteur est le vent, cet air chaud, plus léger que l'air froid et qui monte et les pousse.
Les jours de grisaille (mais ils sont rares), on ne voit plus que les chevronnés, les caïds, ceux qui savent régler leurs rémiges au millimètre, les Formule 1 du ciel. Ca a l'air simple comme ça, le vol du vautour, mais ça demande des années d'entraînement avant de maîtriser parfaitement tous les courants, les bourrasques, les violents rabattants qui vous écrasent sur la falaise, les trous d'air qui vous jettent au sol pour ne plus en redécoller. Je me laisse emporter par ma prose comme ces gigantesques voiliers et pourrais vous en parler des heures. Un regret cette année là, nous n'avions pas de matériel photo et des jumelles juste bonnes pour donner envie d'en voir davantage.
Le dernier jour des vacances, une décision s'imposait : revenir. Et pourquoi ailleurs, puisque nous étions si bien, postés à cet endroit. Pas encore libéré, notre gîte était déjà réservé pour juillet suivant !

 

Juillet 2003, retour au pays des merveilles
En juillet 2003, nous voilà de retour avec de quoi garder plus de souvenirs. Un petit appareil photo numérique acquis au printemps et un ordinateur portable pour traiter les photos sans attendre. Toujours les mêmes jumelles (on ne peut pas investir tout azimut), mais une petite lunette prêtée par un collègue de travail, ornitho à ses heures, qui a opté pour un matériel plus élaboré.
Pas une merveille cette lunette, une Helios Falcone 50 (de mémoire), un "caillou" qui ferait se tordre de rire le premier spécialiste venu (de l'aveu même de son propriétaire). N'empêche, elle nous en a mis plein les mirettes, à condition que le ciel soit très lumineux, chose heureusement courante par ici, à cette saison. Je vais même me permettre de coupler mon appareil photo numérique compact tout neuf à son objectif pour garder quelques souvenirs de nos observations. Ce ne seront pas des photos d'art... et le résultat vous le verrez incrusté dans les photos d'ensemble suivantes.
Dortoir en falaise rocheuse du Causse Méjean
Le dortoir en falaise du Causse Méjean La lunette est braquée sur la falaise où nous observons le dortoir ; fameuse distance n'est-ce pas, et pourtant, la vue est instructive quant aux moeurs de ces animaux. Le balcon de notre gîte est un lieu privilégié. La maison étant située en pleine gorge de la Jonte l'observation est confortable. Cette photo donne un aperçu de notre poste de "travail".
Lunette braquée donc sur la falaise surplombant le hameau du Truel, un des passe-temps de la soirée consiste à vérifier si tout le monde est rentré ou si des galopins ont découché ! Nous avons en effet vue directe sur un dortoir de 15 à 20 individus qui attendent les pompes favorables sous un auvent magnifique.
Il est aussi possible d'apréhender le mode de vie et l'organisation sociale du dortoir. Peu de heurts. Ailes ouvertes ou quelques pas de côté d'un air décidé en guise d'intimidation suffisent en général à remettre chacun à sa place. Les déplacements sont lents, les dos souvent tournés vers la falaise, surtout pour ceux qui sont tout au bord. Dans le fond on "s'assoit" un peu sur les coudes. Le matin, aux premières bouffées d'air chaud montant de la gorge, les plus dégourdis partent en ballade. Ces décollages nous ont toujours surpris, car rien dans l'attitude ne permet de les prévoir. Ils se font au passage d'une colonne d'air favorable, dans la seconde où elle se présente, sans hésitation apparente.
Dortoir en falaise arborée du Causse Noir

Dortoir en falaise arborée du Cauusse Noir

Un autre groupe vit dans les arbres, sur la falaise arborée qui fait face à l'arrière de la maison. Le balcon étant sur un angle de la maison, nous avons la chance d'avoir une vue directe sur les falaises des deux causses, très différentes, puisque ne bénéficiant pas de la même exposition. Le Causse Noir, exposé ici au nord, voit sa falaise, un peu moins abrupte et complètement couverte d'une forêt diversifiée de chênes et de pins essentiellement. Tournant notre lunette vers ce versant, un balayage ne nous a rien révêlé le premier jour car nous ne pensions trouver des vautours que sur les crêtes rocheuses éventuellement.
Mais un soir, nous avons vu "rentrer" quelques individus vers cette zone et disparaître dans la végétation à peu de distance du sommet. Un examen plus attentif nous a alors offert un dortoir de 10 à 15 individus, non sur les rochers mais sur le sommet de pins tapissant le fond d'une combe peu profonde à une vingtaine de mètres du sommet. Espèrant trouver là une colonie de Vautours moines, nous redoublons de vigilance et de précision, mais non, ce sont des Vautours fauves que nous retrouverons là tous les soirs à la disparition des dernières pompes de soirée. Il s'agit donc d'un dortoir et en aucun cas de nids, puisque le fauve ne niche jamais dans les arbres, contrairement au moine.
Nid en falaise rocheuse du Causse Méjean
Nid en falaise du Causse Méjean Une troisième falaise a un intérêt particulier. Des fenêtres opposées au balcon, nous avons vue sur un des derniers nids de la gorge (le plus gros de la colonie étant situé plus en surplomb du Roziers et dans les gorges du Tarn). Difficile de vous offrir une meilleure photo, compte tenu de la distance et du matériel ! Vous jugerez par vous-même, en apercevant dans le coin inférieur droit de l'image principale le toit de la maison d'en face, juste de l'autre côté de la route, et qui vous donne l'échelle de l'ensemble.
Brume de chaleur, qualité moyenne de la lunette, habileté du photographe (photo à la volée, sans bague d'adaptation autre qu'un morceau de tube dentifrice pour assurer la position axiale de la lunette et de l'objectif !) font que vous aurez du mal à reconnaître un vautour sur la vignette, la vision directe à la lunette étant nettement meilleure que ce résultat  ! Si de plus j'ajoute que sur la gauche du trou, il s'agit d'un jeune que nous avons vu quémander sa nourriture auprès de l'adulte à petits coup de bec sur le cou, vous n'avez plus d'autre choix que de me croire sur parole ! Il prendra son envol début août, après notre départ et nous n'aurons donc pas la chance d'assister à ses "premiers pas".
Randonnée en falaise sur le Sentier des corniches
Vols en falaise

Partant du Roziers, petit bourg au confluent de la Jonte et du Tarn, ou de Cassagnes, hameau du Causse Méjean, on peut accèder à un bon sentier nommé "Sentier des corniches" d'où l'on dispose d'un panorama spectaculaire sur les gorges. Le plus beau tronçon suit le bord de la falaise rocheuse en procurant quelques sensations fortes à ceux et celles qui craignent l'abord du vide.

Le comble est atteint au "Balcon des vertiges" bien nommé, dont je vous offre ici le panorama. Ces falaises magnifiques sont en surplomb du belvédère des vautours, lieu d'expositions et de présentation pédagogique du vautour, situé quatre cents mètres plus bas sur la route. En ces mois d'été, par grosses chaleur, dès dix heures du matin, le réveil a sonné pour de passionnants volatiles. Le soleil tape déjà dur sur le calcaire, l'air s'y réchauffe et monte le long de la falaise. Les vautours profitent de ces ascendances pour s'élever haut, très haut au-dessus du plateau. Appuyés au balcon, nous attendons patiemment qu'ils apparaissent. Trois fois nous sommes montés là-haut, jamais déçus.

Au balcon des vertiges
Ils sont toujours au rendez-vous. Pendant plus d'une heure, isolément ou par petits groupes, ils montent en-dessous de nous en grands cercles ou en huit, le long de la falaise. Certains passent à quelques mètres au dessus de nos têtes, ayant atteint une altitude suffisante pour rallier une autre zone en long plané, tenter la traversée de la gorge et rejoindre une ascendance sur l'autre versant, ou tout bonnement rentrer au dortoir. Ces falaises sont aussi parfois fréquentées par les grimpeurs, il est alors plaisant de voir ces deux mondes se côtoyer sans encombre à quelques mètres !
D'une falaise à l'autre au gré des courants porteurs, nos compagnons animent le ciel au dessus de la vallée qui abrite nos vacances. Chacun son tour, virage sur le bord de la pompe, à gauche pour les gauchers, à droite pour les droitiers, l'essentiel et de s'élever le plus haut possible pour aller ensuite le plus loin possible.
Les vautours en plein ciel
Vallée du Truel Le vautour, qu'il s'agisse du Fauve ou du Moine, est un planeur. Sa motricité est faible, il fatigue très vite à battre des ailes ; c'est un effort qui lui est très coûteux en énergie. Il compte donc sur la force du vent avec lequel il sait jouer à merveille et passe donc des heures à observer les courants qui lui permettront de décoller et de voler sans encombre.
Ces montages photo vous donneront j'espère envie d'aller sur place, car l'image seule ne peut décrire la majesté du vol observé à l'oeil nu, la vitesse du déplacement, ni le bruit de soie froissée à peine perceptible lors d'un passage tout proche. Quel coup de chance il faudrait pour capter le regard d'un vautour qui arrive droit sur vous ; sur place l'oeil a cette chance et la mémoire le conserve mieux que l'objectif. Ici, pas de fauconnier, pas de dressage, que de la liberté, de la grande, au grand air. Des animaux magnifiques, non imprégnés, mais ne craignant pas pour autant de survoler ces vermisseaux handicapés que nous sommes, avec nos petits bras ridicules que depuis Icare nous n'avons pas encore réussi à transformer en ailes !
Rencontre avec un Vautour moine
Vautour moine en falaise

Au détour du sentier, montant dans la falaise du Causse Noir depuis les Gorges de la Jonte, l'oeil est soudain attiré par... quoi donc, une ombre, une masse, un mouvement... On sort les jumelles, on n'en croit pas ses yeux ; pourtant l'identification ne fait aucun doute, les jumelles sont plus performantes que le zoom de l'appareil photo : un vautour moine.

Nous sommes trés fiers de notre trouvaille, il n'y a pourtant pas de quoi puisqu'elle est essentiellement dûe au hasard. Nous avons toutefois su approcher avec suffisamment de discrétion pour ne pas le troubler. Si loin de nous qu'il se trouve encore, il est en effet aux aguets car des promeneurs plus bruyants se font entendre sur le haut de la falaise, au-dessus de lui. Pendant une dizaine de minutes, assis dans l'herbe, coudes aux genoux, jumelles vissées à l'oeil, nous suivons sa réflexion à l'observation de ses mouvements. De face, de profil, de dos... c'est pour nous seuls qu'il fait son défilé de mode, mettant à ces occasions bien en évidence son "pull à col roulé" qui nous donne toute certitude sur son espèce.

Finalement inquiet pour sa tranquillité, il décide de quitter son perchoir, ouvre ses ailes immenses, prend le vent et plonge droit sur nous pour rejoindre une ascendance à flanc de falaise, passant ainsi dans un souffle à moins de dix mètres au dessus de nos têtes. Instant magique que l'appareil photo n'a pas eu l'idée de saisir tout seul (la technique a encore des progrès à faire !).

De l'oiseau à l'insecte
Cette année est l'occasion d'une autre découverte. Tombant par hasard, au détour d'un sentier, sur un bel et étrange insecte (un ascalaphe), il me vient l'idée de tester l'appareil photo en mode macro, si l'insecte veut bien y mettre du sien car pas question de le déranger pour autant (encore moins de l'occire bien entendu). Clic. Et le soir sur l'écran de l'ordinateur (qui révèle mieux les choses que les quelques malheureux centimètres carrés de celui de l'appareil) c'est le choc. LE choc, le grand, le révélateur : un monde nouveau est à la portée de ma main, de mon oeil, de mon objectif. Moi qui avais arrêté la photo argentique depuis vingt ans, je n'avais pas idée que l'on puisse tirer un tel parti de ces nouveaux appareils. Voilà comment je suis devenu chasseur d'insectes, parce que me prêter le titre d'entomologiste serait bien présomptueux. Mais la démarche est là : la photo, oui, mais pour mieux connaître, mieux comprendre. Le déclic aurait pu se produire ailleurs, mais ici, l'entomofaune tient du délire. Le potager de notre propriétaire, les friches des bords de la rivière qui le longe, à eux seuls m'offrent plus que je n'imaginais. Des choses étranges et merveilleuses s'animent sous mes yeux ébahis, tant il est vrai que l'on ne voit vraiment les choses qui nous entourent que quand on a décidé de les regarder.
Il faudra revenir
Une fois de plus, les meilleures choses ont une fin, il faut songer au retour. Me reviennent en mémoire ces déchirements de la famille Pagnol à la fin des vacances dans les garrigues. La gloire de mon père, le château de ma mère... Le soleil, les sons, les odeurs, nous sommes un peu plus au nord, un peu plus à l'ouest, mais c'est proche, si proche dans le sentiment... Il faudra revenir.
A propos de digiscopie

La terrasse du gîte et la lunette braquée sur une falaise dortoir

Les photos en incrustation de cette page ont été réalisées par la technique de la digiscopie. Celle-ci consiste à coupler un appareil photo numérique avec une longue vue terrestre. Sur la photo prise de la terrasse, vous devinez en avant-plan la lunette avec son adaptateur maison. Pas avare d'imagination, j'ai bricolé mon premier adaptateur pour l'occasion ; un morceau de tube de dentifrice coupé approximativement à longueur de l'objectif de l'appareil, encerclant l'oculaire de la lunette, et sur lequel je mets en appui l'appareil.
Simplissime... mais précision nulle évidemment ! Ce dispositif peu élaboré me permet tout de même de rapporter quelques souvenirs, pas de grande qualité, soit, mais des souvenirs tout de même des dortoirs de la falaise qui font face à la terrasse. Matins et soirs nous observons l'activité de ce dortoir et après moults essais, nous obtenons des clichés intérressants sur le plan de l'observation. Il s'agit là de mes premiers essais de digiscopie. Un terme barbare pour une technique apparemment simple. On profite ainsi d'un zoom que ne pourrait pas offrir l'appareil, surtout dans mon cas où il s'agit d'un compact. Simple dans la méthode, beaucoup moins dans la réalisation, bricoler un couplage n'est pas chose aisée et réussir une bonne visée assortie d'une bonne mise au point nécessite une longue pratique ou un fameux coup de chance ! Les vignettes sont donc le résultat de ces essais, la grande photo indique l'environnement de la prise de vue.
A noter que depuis 2003, les fabricants de lunette ont bien compris le marché que représente cette technique et offre des solutions beaucoup plus efficaces. On fait aujourd'hui des photos fabuleuses avec cette technique, mais il faut maîtriser parfaitement le sujet... et le budget nécessaire ! De bons résultats ne peuvent être obtenus qu'avec du matériel (surtout côté lunette) de très haut de gamme

 

Novembre 2003
Pour une semaine, nous choisissons avec mon épouse, non pas notre gîte annuel, mais un hotel à Meyrueis, c'est parfait pour être à pied d'oeuvre.
Au sentier des corniches, couleurs dans les falaises La Couvertoirade, Causse du Larzac La chambre de l'hotel Sully
Nous voulions voir éclater les ors et les bruns de l'automne sur les falaises et les causses. Nous avons aussi poussé nos visites plus au sud, vers le Larzac et le Gard. Un bon souvenir de l'Hotel Sully, seul ouvert à cette saison, qui nous a dorlotés.
Nous ne sommes pas déçus. Le long de l'autoroute, nous avons longé la Margeride qui avait déjà revêtu un léger manteau neigeux. Mais un peu plus au sud, les couleurs éclatent dans toute la puissance de la lumière de saison. Une belle semaine (un coup de chance, la précédente était effroyablement mauvaise) nous a permis de profiter de toutes les couleurs de l'automne et d'un calme, un calme, un calme... que je ne saurai décrire. Une cure de remise en forme comme il y en a peu.
Les vautours, maîtres des sentiers
Deux vautours sur un rocher en corniche Nous souhaitions bien entendu revoir nos amis vautours. Une balade au Sentier des Corniches du Causse Méjean nous a valu une rencontre presque nez à nez (ou plutôt nez à bec) aux abords du Balcon des Vertiges, en surplomb du Belvédère des Vautours, à quelques kilomètres du Roziers. Deux vautours sur le Sentier des Corniches
Nous surprenons deux Vautours fauves au détour du sentier, ils nous "barrent" le passage en quelque sorte. Quels sont les plus surpris, d'eux ou de nous ? Les randonneurs ne sont pas légion en cette saison où il gèle encore quand nous attaquons la montée le matin. Ils font quelques pas, se jettent dans le vide (les vautours bien sur, pas les randonneurs !) et d'une ressource bien calculée se reposent sur un piton rocheux écarté de la falaise, à moins de trente mètres de nous, collerette vibrant dans le vent. Que n'ai-je un zoom plus puissant ! C'est à la jumelle que nous les observons nous observer quelques minutes, avant de reprendre notre chemin.
Vue plongeante sur les Gorges de la Jonte
Gorges de la Jonte Poursuivons jusqu'au Balcon des Vertiges, qui porte si bien son nom. D'ici on a une vue générale plongeante sur les gorges. Sur la gauche la falaise sud du Causse Méjean. Sur la droite, la falaise nord, plus boisée, du Causse Noir. Vautour fauve sur un piton rocheux.
Quatre cents mètres plus bas, la route des gorges reliant Millau à Florac, par Le Roziers et Meyrueis. Agrandissez l'image de gauche et cherchez bien... deux vautours montent en spirale (angle inférieur gauche). Ils vont ainsi passer à quelques mètres de nous seulement, puis longer la falaise ou tenter de rallier l'autre rive. Après cette rencontre, le moindre mouvement nous alerte et nous fige. L'oeil s'habitue aux silhouettes caractéristiques qui se découpent sur fond de rocher ou de ciel, comme sur la photo de droite. Sortant parfois les jumelles, c'est pourtant le plus souvent à l'oeil nu que nous aurons la chance de les observer, car ils sont bien moins dérangés en ce moment qu'au mois de juillet ou d'août.
Les maîtres du ciel
Vautour fauve en vol Au pied du balcon, la falaise baignée de soleil réchauffe l'air à son contact et fournit aux vautours les courants d'air ascendants leur permettant de prendre de l'altitude. Selon la météo, ils s'élèvent plus ou moins haut et vite, avant de s'élancer dans des traversées plus ou moins longues. Lorsque les courants ascendants sont suffisamment porteurs, c'est dans le ciel que ce magnifique planeur prend toute sa dimension. Le voir passer à trois ou quatre mètres au dessus de soi, dans le seul bruit de l'air s'écoulant en sifflant sur ses plumes est un spectacle que l'on n'oublie pas.

Vous allez penser que j'exagère, mais certains sont passés si près que nous pouvions les voir cligner de l'oeil au passage. Instants toujours trop courts mais magiques !

Il en est de plus ou moins clairs, plus ou moins sombres, plus ou moins doués en aérologie, il y a les jeunes de l'année, intrépides ou inquiets, il y a les virtuoses... Il y a parfois des excès de vitesse, des trajectoires mal contrôlées. Toutes les évolutions sont un spectacle toujours renouvelé. Tout à coup, dix, vingt, trente vautours, tournent et spiralent, s'écartent, reviennent, s'élèvent, s'élèvent. Quelques uns quittent le groupe, s'éloignent, d'autres suivent. Quelques retardataires rejoignent le groupe. Cinq minutes, dix minutes... et bientôt, plus personne, ou quelques points noirs de ci de là. Attendre, une heure, deux ou trois ou plus, que l'air soit favorable à une nouvelle visite.

Où sont mes plumes ? Celui-ci a raté le contrôle technique, déplumé des rémiges au gouvernail, obligé de battre des ailes pour corriger les défauts de navigation et de portance, mais s'évertue tout de même à rejoindre ses potes. Où sont mes plumes ?
Il frôle la catastrophe une dizaine de fois avant de trouver les courants adaptés à son équipement de vol. Pour lui, visiblement, traverser la gorge pour se rendre sur le Causse d'en face est une véritable expédition.
En allant plus loin
La Couvertoirade, Causse du Larzac Nous avons poussé nos excursions jusqu'au Causse du Larzac, à La Couvertoirade, vieux village fortifié qui vaut le détour, surtout en basse saison où l'on voit davantage les vieilles pierres que les touristes et quand on apprécie, le midi, de manger un aligot au coin de la cheminée.
Nous sommes allés aussi au cirque de Navacelles qui nous laisse un souvenir grandiose, où nous avons pique-niquer au soleil, au bord d'une cascade avec pour seuls bruits la chûte d'eau et les babillages incessants des Pouillots véloces qui voletaient dans les branchages au-dessus de nos têtes. Un Rougegorge qui prenait son bain, une libellule écarlate prenant un bain de soleil à deux doigts de mon objectif, voilà notre salle de cinéma. Sur la route entre Meyrueis et Le Vigan, négociée à la vitesse folle de presque vingt kilomètres/heure bien souvent, sans risque de gêner grand'monde puisque nous n'y avons rencontré qu'une voiture, nous avons pu observer un Pic noir massacrer consciencieusement un vieil arbre mort sur le bord de la route sans se soucier de notre présence.
Et ensuite...

C'est court une semaine, mais nous partons sans regret, la semaine suivante s'annonce sous le mauvais temps. Il nous faudra revenir encore, en été surement, au printemps si possible, profiter de la renaissance de la nature. Une histoire à suivre...

 

La rivière en décembre 2008
La rivière en hiver

C'est une région que nous ne connaissons pas encore l'hiver, et, une fois n'est pas coutume, la photo que je vous propose de cette saison n'est pas de moi, mais de Pierre Agrinier, le fils de Denise Agrinier, dont nous louons le gîte à chacun de nos passages. Il nous envoit cette vue prise à quelques pas de la maison et qui contraste bien sûr avec nos souvenirs estivaux !

Cet hiver 2008/2009 a été plus rude que les années précédentes, comme partout ailleurs en France, et la neige était cette fois bien présente sans avoir causé d'autres désagréments toutefois que quelques coupures de téléphone et d'électricité sans grande conséquence, les routes étant rapidement dégagées.

 

C'est tout ?

Mais non, puisque nous sommes tombés amoureux de cette région !

Tout ne saurait tenir sur une page et vous trouverez de nombreuses balades et visites plus détaillées dans cette même rubrique.

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.