André Lequet
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Les Gorges de la Jonte en novembre 2003

Un pays qui se goûte dans le calme retrouvé des espaces libres et sauvages.

Cliquez ici pour voir la carte de la région des gorgesCliquez sur cette carte de France pour découvrir la Lozère (le petit point jaune) et ses alentours avant que je vous raconte mes séjours en ces lieux.


Pour en savoir plus sur les Vautours de Lozère :

  • www.vautours.org : un site de la LPO entièrement consacré aux vautours et dont la délégation est à l'entrée des gorges.
  • percnoptere.lpo.fr : consacré au vautour percnoptère, encore rare dans cette région mais en cours de réimplantation.
  • Belvédère des Vautours : vous donne les infos pour aller à la rencontre de ces oiseaux dans les Gorges de la Jonte.
  • Et bien sûr mes pages consacrées au Vautour fauve, dont la plupart des photos proviennent de cette région.

Les couleurs de l'automne et le calme d'une saison peu touristique

Au sentier des corniches, couleurs dans les falaisesLa chambre de l'hotel SullyAprès avoir connu la région en été, nous voulions voir éclater les ors et les bruns de l'automne sur les falaises et les causses, quand les touristes ont déserté l'endroit. Nous ne sommes pas déçus. Le long de l'autoroute, nous avons longé la Margeride qui avait déjà revêtu un léger manteau neigeux. Mais un peu plus au sud, les couleurs éclatent dans toute la puissance de la lumière de saison. Pour une semaine, nous choisissons avec mon épouse, non pas notre gîte annuel, mais un hotel à Meyrueis, c'est parfait pour être à pied d'oeuvre. Si vous descendez à l'Hotel Sully, donnez notre amical souvenir à Térésa et à Joël qui nous ont dorlotés comme coqs en pâte. Ce n'est pas la concurrence pourtant qui les forçait à faire un effort particulier, ils étaient le seul hotel ouvert à cette saison ! Une belle semaine (un coup de chance, la précédente était effroyablement mauvaise) nous a permis de profiter de toutes les couleurs de l'automne et d'un calme, un calme, un calme... que je ne saurai décrire. Une cure de remise en forme comme il y en a peu.

De causse en causse...

La Couvertoirade, Causse du LarzacNous avons poussé nos excursions jusqu'au Causse du Larzac, à La Couvertoirade, vieux village fortifié qui vaut le détour, surtout en basse saison, et au cirque de Navacelles qui nous laisse un souvenir grandiose, où nous avons pique-niquer au soleil, au bord d'une cascade avec pour seuls bruits la chûte d'eau et les babillages incessants des Pouillots véloces qui voletaient dans les branchages au-dessus de nos têtes. Un Rougegorge qui prenait son bain, une libellule écarlate prenant un bain de soleil à deux doigts de mon objectif, voilà notre salle de cinéma. Sur la route entre Meyrueis et Le Vigan, négociée à la vitesse folle de presque vingt kilomètres/heure bien souvent, sans risque de gêner grand'monde puisque nous n'y avons rencontré qu'une voiture, nous avons pu observer un Pic noir massacrer consciencieusement un vieil arbre mort sur le bord de la route sans se soucier de notre présence.

Les vautours, maîtres des sentiers

Deux vautours sur un rocher en cornicheDeux vautours sur le Sentier des CornichesNous souhaitions bien entendu revoir nos amis vautours. Une balade au Sentier des Corniches du Causse Méjean nous a valu une rencontre presque nez à nez (ou plutôt nez à bec) aux abords du Balcon des Vertiges, en surplomb du Belvédère des Vautours, à quelques kilomètres du Roziers. Nous surprenons deux Vautours fauves au détour du sentier, ils nous "barrent" le passage en quelque sorte. Quels sont les plus surpris, d'eux ou de nous ? Les randonneurs ne sont pas légion en cette saison où il gèle encore quand nous attaquons la montée le matin. Ils font quelques pas, se jettent dans le vide (les vautours bien sur, pas les randonneurs !) et d'une ressource bien calculée se reposent sur un piton rocheux écarté de la falaise, à moins de trente mètres de nous, collerette vibrant dans le vent. Que n'ai-je un zoom plus puissant ! C'est à la jumelle que nous les observons nous observer quelques minutes, avant de reprendre notre chemin.

Vue plongeante sur les Gorges de la Jonte

Gorges de la JonteVautour fauve sur un piton rocheux.Poursuivons jusqu'au Balcon des Vertiges, qui porte si bien son nom. D'ici on a une vue générale plongeante sur les gorges. Sur la gauche la falaise sud du Causse Méjean. Sur la droite, la falaise nord, plus boisée, du Causse Noir. Quatre cents mètres plus bas, la route des gorges reliant Millau à Florac, par Le Roziers et Meyrueis. Agrandissez l'image de gauche et cherchez bien... deux vautours montent en spirale (angle inférieur gauche). Ils vont ainsi passer à quelques mètres de nous seulement, puis longer la falaise ou tenter de rallier l'autre rive. Après cette rencontre, le moindre mouvement nous alerte et nous fige. L'oeil s'habitue aux silhouettes caractéristiques qui se découpent sur fond de rocher ou de ciel, comme sur la photo de droite. Sortant parfois les jumelles, c'est pourtant le plus souvent à l'oeil nu que nous aurons la chance de les observer, car ils sont bien moins dérangés en ce moment qu'au mois de juillet ou d'août.

Les maîtres du ciel

Vautour fauve en volAu pied du balcon, le Belvédère, site pédagogique et d'observation installé lors du programme de réintroduction des vautours dans les gorges de la Jonte et du Tarn. La falaise baignée de soleil réchauffe l'air à son contact et fournit aux vautours les courants d'air ascendants leur permettant de prendre de l'altitude. Selon la météo, ils s'élèvent plus ou moins haut et vite, avant de s'élancer dans des traversées plus ou moins longues.

Lorsque les courants ascendants sont suffisamment porteurs, c'est dans le ciel que ce magnifique planeur prend toute sa dimension. Le voir passer 3 ou 4m au dessus de soi, dans le seul bruit de l'air s'écoulant en sifflant sur ses plumes est un spectacle que l'on n'oublie pas. Vous allez penser que j'exagère, mais certains sont passés si près que nous pouvions les voir cligner de l'oeil au passage. Instants toujours trop courts mais magiques !

Il en est de plus ou moins clairs, plus ou moins sombres, plus ou moins doués en aérologie, il y a les jeunes de l'année, intrépides ou inquiets, il y a les virtuoses... Il y a parfois des excès de vitesse, des trajectoires mal contrôlées. Toutes les évolutions sont un spectacle toujours renouvelé. Tout à coup, dix, vingt, trente vautours, tournent et spiralent, s'écartent, reviennent, s'élèvent, s'élèvent. Quelques uns quittent le groupe, s'éloignent, d'autres suivent. Quelques retardataires rejoignent le groupe. Cinq minutes, dix minutes... et bientôt, plus personne, ou quelques points noirs de ci de là. Attendre, une heure, deux ou trois ou plus, que l'air soit favorable à une nouvelle visite.

Où sont mes plumes ?Où sont mes plumes ?Celui-ci a raté le contrôle technique mais s'évertue tout de même à rejoindre ses potes. Déplumé des rémiges au gouvernail, obligé de battre des ailes pour corriger les défauts de navigation et de portance, il frôle la catastrophe une dizaine de fois avant de trouver les courants adaptés à son équipement de vol. Pour lui, visiblement, traverser la gorge pour se rendre sur le Causse d'en face est une véritable expédition.

 

Et ensuite...

C'est court une semaine, mais partons sans regret, la semaine suivante s'annonce sous le mauvais temps. Il nous faudra revenir encore, en été surement, au printemps si possible, profiter de la renaissance de la nature. Une histoire à suivre.

Voir aussi :

En raison du volume d'information ou du nombre de photos disponibles sur ce sujet, l'ensemble a été découpé pour optimiser le chargement, n'hésitez pas à visiter aussi les pages suivantes : Accueil du dossier , 2002 aout , 2003 juillet , 2003 novembre .

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.