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Lampyris noctiluca - Lampyre ou Ver luisant

Un coléoptère qui n'en a pas toujours l'air.

Classification

: Insectes

: Coléoptères

: Lampyridae

: Lampyris noctiluca


Noms vernaculaires

: Lampyre, Ver luisant


Juin 2004, entre Saclay et Les Loges-en-Josas (Essonne - France)

Larve de ver luisant

Tout à coup, sur la route, un drôle d'animal traverse devant ma roue. Je freine sec, pose mon vélo dans le bas-côté, sort l'appareil photo et me penche.

Larve de ver luisant

Couché sur le bitûme, en plein milieu de la route, mon casque vissé sur la tête... pour sûr, si je n'ai pas fait peur à cet insecte, j'ai dû fortement intrigué le facteur qui a arrêté sa camionnette et retardé le reste de sa tournée pour moi en attendant que je dégage le passage ! Rassurez-vous, c'est une toute petite route de campagne (en bordure du golf de Saint Marc, si certains connaissent) et en pleine ligne droite. Je suis un peu limite bizarre diraient certains, mais pas fou (enfin je crois).
Larve de ver luisant

Je crois tout d'abord à un myriapode, vu l'allure générale, mais en traitant les photos, je ne trouve que six pattes... insecte ou hexapode non insecte ou larve de quelque chose ?... Larve de ver luisant.

Larve de ver luisant
Histoire d'une identification :
Pierre-Yves, un visiteur que je remercie, me met sur la piste : "un ver luisant ?" Je plonge dans mes livres, mais ma bestiole fait le double de la taille annoncée.
Quelques recherches sur la toile m'amènent à une description plus précise de la larve (tirée d'un livre de John Tyler "Glow-worms"), de forme sensiblement identique à la femelle adulte. A l'issue de la fin de la deuxième année de son état larvaire, là voilà qui atteint environ 30mm de long pour 4mm de large. Ca correspond bien à mes observations. La lumière est faite (c'est le cas de le dire) sur la bestiole. C'est en juin, voire même en juillet que l'on peut trouver les premiers adultes, et cela confirme encore l'hypothèse de la larve. De plus la femelle adulte, très ressemblante, ne porte plus les marques blanchâtres en coin des segments.
Notez qu'en pleine nuit, la rencontre peut-être encore plus drôle, mais plus facile à identifier de fait, car la larve peut elle-aussi émettre de la lumière, en continu, ou en clignotant, comme un petit phare.
Roland Lupilo m'écrit pour préciser qu'il s'agit là d'une femelle adulte. Je le cite : « La femelle adulte est larviforme (et donc aptère) et émet de la lumière la nuit en continu pour attirer les mâles qui volent. C'est justement pour cela qu'on appelle cette espèce le ver luisant. Aux Etats-Unis et dans les pays tropicaux, on les appelle lucioles car mâles et femelles volent en émettant leur lumière par flashs successifs ». Je garde un doute à cause des tâches en attendant confirmation. Quant aux lucioles, que l'on trouve aussi chez nous (Luciola lusitanica), si la femelle est ailée, elle ne vole pourtant pas mais émet des flashs lorsqu'elle est survolée par un mâle qui émet des flashs brefs et puissants en volant, contrairement au mâle de lampyre, non lumineux.
André Lequet répond à mes doutes : « Pour moi les larves se différencient de la femelle adulte comme suit : tête plus courte, plus arrondie, et surtout plus large que le segment lui faisant suite (elle est plus étroite que ledit segment chez la larve). Yeux plus petits, et antennes plus courtes. Corps plus foncé, en raison de la disparition des tâches orangées observables sur chaque segment. »
Ca y est, tout le monde est d'accord ! Roland s'était étonné de la taille mais renseignements pris confirme que la larve au dernier stade est plus grande que la femelle adulte. Il n'y a plus de doute ; morphologie générale, taches des segments... qu'on se le dise : nous avons ici affaire à une larve.
Vous pensiez le feuilleton terminé ? Que nenni ! Roland se pose (et nous pose) une question subsidiaire : « Reste à savoir si la larve du mâle peut se distinguer de la larve femelle, et si elles émettent toutes deux de la lumière ? »

Vélocypédentomologie :

Pour ce qui est du vélo, croyez-moi, je me sers de plus en plus de mon VTT pour me rendre de Paris vers des zones de friches, de prairies, où je roule alors au pas sur des petites routes, chemins ou sentiers, l'oeil aux aguets. Vous verrez ainsi au hasard de mes pages des libellules, des coccinelles, des araignées, des bergeronnettes (car je pratique aussi la vélornithologie), des grenouilles et j'en passe, qui ont tout d'abord été aperçus ainsi. Il va sans dire que les photos ne sont tout de même pas prises au vol pour autant. La découverte faite, je m'arrête, pare au plus pressé (certains courent ou s'envolent vite), le vélo encore entre les jambes, puis je le pose, et fais une petite prospection en règle aux alentours. Une manière sportive de multiplier les rencontres de ce type.

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.