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Bembix tarsata

Le Bembex est une imposante guêpe fouisseuse. Reconnaissable à ses grands yeux verdâtres, son abdomen massif à bandes transversales jaunes. Il apprécie les terres sablonneuses.

Classification

: Insectes

: Hyménoptères

: Apocrita

: Apoidea

: Crabronidae

: Bembix tarsata


Physiologie

: 15-25mm

: - - - - - J J A S - - -


13 juillet 2010, Cassagnes (Lozère - France)
Bembix tarsata femelle Bembix tarsata mâle Bembix tarsata mâle
Cette guêpe est censée habiter les dunes ou les sablières. Nous sommes ici sur un chemin de terre sablonneuse d'un plateau lozérien, sur le Causse Méjean, à 900m d'altitude environ. Un sol pas particulièrement ouvert car ce chemin borde la forêt. Environnement très calme par contre avec une densité de 2 habitants au km² !
Bembix tarsata femelle Bembix tarsata femelle Bembix tarsata femelle
Bembix tarsata femelle Bembix tarsata femelle Bembix tarsata femelle
Je vous laisse enchaîner l'affichage de ces six clichés de cette guêpe entrant au nid. Je n'ai pas eu le loisir de rester suffisamment longtemps pour observer plus en détail ses activités et ses caractéristiques, ce qui n'a pas faciliter sa détermination a posteriori. Je l'aurais peut-être vue apporter une proie dans sa caverne. La femelle creuse en effet ce tunnel d'une quinzaine de centimètres prolongé d'une chambre de nidification où sa larve se développe sous sa protection permanente. Elle lui apporte en effet de la nourriture tout au long de son développement.

Détermination certaine

Une première approche personnelle d'après le "Guide des Abeilles, Bourdons, Guêpes et Fourmis d'Europe" de Hans Bellmann, ed. Delachaux et Niestlé me fait pencher en faveur de Bembix rostrata mais comme je ne suis pas sûr de moi je soumets le sujet à des personnes plus expérimentées.

Une discussion s'ensuit sur le forum insecte.org et montre que cette détermination n'est pas aussi simple qu'il pourrait paraître. Du livre à la réalité du terrain il y a comme une marche, voire un escalier complet ! C'est finalement Bembix tarsata qui l'emporte, et je vous explique pourquoi (les parties en italiques sont extraites des explications que j'ai reçues).

«Les mâles et les femelles d'une même espèce peuvent tout naturellement se trouver en même temps sur un même site. Dans le cas précis, ils sont assez semblables pour qu'un œil de débutant les confonde, mais suffisamment différents pour que les caractères spécifiques de l'un ne puissent s'appliquer à l'autre», et d'emblée j'étais tombé dans le piège en ne remarquant pas que sur ma première série de trois clichés les deux sexes étaient représentés.

«Ce que tu avais écrit à propos de l'environnement m'était suffisant pour penser à tarsata avant même d'examiner la photo attentivement. En chemin forestier, on trouvera plutôt tarsata. A l'inverse B. rostrata a besoin de vrai sable et de milieux ouverts, il est très abondant sur les dunes littorales et les pelouses à corynéphores(1) de bord de rivières ainsi que sur les (très rares)dunes fossiles. B. oculata est lui aussi très psammophile(2), mais tout de même un peu moins exigeant. On peut trouver exceptionnellement tarsata avec eux, mais ce n'est pas son habitat privilégié.» Je prenais déjà naturellement en compte l'environnement quant à la détermination des oiseaux rencontrés mais je n'avais pas jusqu'alors transposé cette réflexion aux insectes, bien à tort probablement.
(1) corynéphores : le Corynephorus canescens forme des touffes arrondies, hérissées de feuilles raides d'un vert grisâtre à argenté. De juin à août, il forme des hampes dressées rougeâtres, terminées par un plumet volumineux argenté. Cette graminée apprécie les sols secs à sableux. On la rencontre souvent dans les dunes.
(2) psammophile : Espèce adaptée aux sols sablonneux.

En outre, «Pour certains genres, on peut trouver 4 ou 5 espèces dans un rayon de quelques mètres, et il faut de très bon yeux pour savoir sur le terrain que ce sont des espèces différentes. Pour les Bembix, on doit pouvoir trouver quelques dunes littorales avec trois espèces différentes de ce genre se côtoyant.» C'est un élément de réflexion que je n'avais pas du tout pris en compte, autrement dit sur la même série de clichés, alors que je m'appuyais sur des photos d'individus différents pour croiser les éléments caractéristiques d'une espèce, j'aurais pu avoir à faire avec plusieurs. Ce n'était heureusement pas le cas dans le présent exercice.

«Ici, les antennes dont les funicules(1) sont entièrement noirs nous indiquent Bembix tarsata Latreille 1809, dont le mâle a des tarses antérieurs bien particuliers, non visibles sur la photo. D'autres caractères non donnés dans la clé renforcent cette diagnose(2) : le lobe pronotal(3) très largement jaune (généralement entièrement noir chez rostrata), et puis, sur ces photos en vue latérale, la très courte pilosité brun assez foncé du mesonotum(4). Chez rostrata, elle est un peu plus longue et plus claire (ce caractère n'est pas visible en vue de dessus, car on est perpendiculaire aux poils et on voit beaucoup plus le tégument(5) noir).»
(1) funicule : ensemble des articles antennaires, hormis le premier article, le scape, et la massue antennaire si elle est présente.
(2) diagnose : Première description scientifique permettant d'isoler une espèce, un genre, une famille.
(3) lobe pronotal : le pronotum est la partie dorsale du prothorax, 1er segment du thorax, le lobe pronotal est donc la partie latérale du pronotum, autrement dit pour simplifier grandement et par analogie avec nous-mêmes la "joue" de l'insecte.
(4) mesonotum : deuxième partie dorsale du thorax qui porte les ailes antérieures (ou éventuellement les élytres) ; fait donc suite au pronotum.
(5) tégument : enveloppe, ensemble des tissus qui recouvrent le corps de l'insecte. Squelette externe formé de chitine.

A ma défense je dirais que mon guide ne citait pour ce genre que B. rostrata et B. olivacea, m'induisant dès le départ en erreur. Ce type de guide n'étant jamais exhaustif, l'éditeur ayant ses contraintes de mises en page (!) il convient de ne l'utiliser qu'en première approche, pour dégrossir le sujet.

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.