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Mantis religiosa - Mante religieuse

La Mante religieuse est peut-être un des insectes les plus mal aimés, un de ceux qui provoquent peur ou répulsion, il est vrai qu'elle a des moeurs particulières que nos morales humaines ont du mal à intégrer.

Classification

: Insectes

: Mantoptères

: Mantidae

: Mantis religiosa


Noms vernaculaires

: Mante religieuse


25 septembre 2011, Environs de Champigny (Yonne - France)
Mante religieuse Photo coup de chance, seule rescapée d'une série d'une quinzaine, à main levée sur des herbes balancées par un souffle léger, avec un simple compact. Je n'étais pas ce jour là en billebaude entomologique mais en randonnée, à l'arrêt pique-nique pour tout dire, donc sans matériel adéquat.
Détermination imprécise
Bien que la tache noire de la hanche ne soit pas visible, peu de doute sur l'espèce avec ses 55-60mm et ses ailes translucides, paraissant blanches en vol du fait des reflets de la lumière généreuse. Mâle ou femelle ? Je pencherais en faveur de la femelle à cause de la taille générale et de celle des cerques, mais il reste un doute. Une femelle aurait pu être éventuellement beaucoup plus corpulente à cette saison de ponte, mais peut-être a-t-elle déjà effectué cette opération... si j'avais pu compter le nombre de sternites ou distinguer l'oviscapte entre les cerques...

 

Mi-juillet 2009, Causse Noir (Aveyron - France)

Mante religieuse

Mante religieuse Mante religieuse
En milieu d'une après-midi ensoleillée, un mouvement dans l'herbe attire le regard de ma femme qui m'appelle : "Viens-vois, il y a un truc !". Elle est aussi passionnée que moi par l'observation mais mettre un nom sur les choses vues, ce n'est pas son... truc, justement ! En la rejoignant, j'ai grand peine à trouver ce qu'elle me montre... une "herbe" verte sur fond d'herbes sèches ! Une "herbe" qui bouge... Bien camouflée malgré le contraste des couleurs, cette petite mante de 4cm environ se laisse admirer quelques minutes tout en cheminant dans la prairie. Les explications reçues (voir plus bas) les années précédentes, et l'époque de l'année, m'incitent à penser que cet individu, ne présentant même pas une ébauche d'élytre, est un juvénile de Mantis religiosa. Rien ne vous empêche de me contredire.
Mante religieuse Une demi-heure plus tard, nouvel appel, nouvelle mante... brune cette fois. Juvénile encore, mais les ébauches alaires sont nettement visibles. Droite sur ses pattes postérieures, redressée, la tête de côté et les "bras" tendus... elle semble nous indiquer une direction... l'endroit où chercher la suivante peut-être ? Ce seront pourtant les deux seules de la journée. Les deux seules trouvées, en tout cas ; elles se confondent si bien avec l'environnement qu'on peut en louper par dizaines, à ses pieds. Mante religieuse
Mante religieuse Mante religieuse

 

Fin juillet 2006, Le Truel (Lozère - France)

Une belle mante d'environ 50mm de long surprise au bas d'un mur de pierre de ce village qui s'accroche tant bien que mal sur le bord de la falaise des Gorges de la Jonte. C'est au vu de ses caractéristiques générales que je l'ai classée ici mais ses élytres très courtes me faisaient garder un doute sur son identification correcte car chez la Mantis religiosa les individus des deux sexes volent bien et on ne devrait donc pas trouver de spécimen microptère comme chez Ameles sp. ou Rivetina baetica et dans une moindre mesure chez Iris oratoria.

Mante religieuse
Alain Ramel, interrogé, lève ce doute en précisant : "C'est bien une "Mante religieuse" mais un juvénile  (caractères de la Mante religieuse visibles sur la photo : hanches antérieures granuleuses avec à la base un ocelle blanc et noir...); la Mante religieuse est adulte, avec ses ailes complètes, au début de l'automne".
J'ai à peine le temps de compléter cette page que les réponses à mes demandes d'aide d'identification se suivent ! André Lequet fournit en effet une réponse identique (tant mieux !) et néanmoins complémentaire : "Autant que je puisse en juger il s'agit bien de la Mante religieuse, mais à l'état larvaire, les ailes fonctionnelles étant l'apanage de l'adulte. Compte tenu de la taille, 50 mm, et de la grandeur des ébauches alaires, je dirais qu'il s'agit d'un stade pré-imaginal, la prochaine mue (6e et dernière) donnant l'adulte... si le Dieu des bestioles lui prête vie !"
De jour en jour les précisions affluent et Eric Walravens ajoute à son tour : "Je ne puis que confirmer qu'il s'agit d'une larve de Mantis religiosa (Linnaeus 1758), seule espèce française - et même d'Europe - du genre, dont les embryons alaires sont confinés dans des fourreaux alaires. un peu comme chez les orthoptères. Je reviens de Hongrie où, dans les Monts Zemplen à la frontière ukrainienne, la plupart des Mantes sont adultes à la mi-août".
Et pour finir (quoique rien ne vous empêche d'ajouter votre grain de sel... de sagesse !) Serge Gadoum m'apporte confirmation en précisant le nom des fourreaux alaires que l'on appelle des ptérothèques.

 

Eté 2003, Lot (France) - offert par Laure Wolf-Paris
Mante religieuse sur une main Difficile à confondre avec tout autre insecte de nos régions, en raison de sa morphologie si particulière, ses pattes avant puissantes et sa petite tête mobile. Seuls insectes capables de tourner la tête latéralement. Les ailes vertes aussi longues que le corps l'enveloppent complètement au repos. Appelée religieuse en raison de sa courante position d'embuscade, debout pattes antérieures jointes ; attitude qui rappelle celle de la prière.
La comparaison s'arrête là, car elle n'a rien d'une contemplative ! Les pattes antérieures sont pourvues d'épines acérées qui permettent d'agripper et de maintenir les proies (insectes, petites rainettes...) et en font de redoutables carnassiers. Les femelles ont la particularité de dévorer parfois les mâles pendant l'accouplement, en commençant par la tête, ce qui en fait un insecte souvent mal aimé... surtout des hommes probablement qui ont raison de croire que l'on peut perdre la tête par amour ! En fait ces moeurs étranges n'ont rien de morbide, la femelle agissant ainsi par besoin énergétique ; n'oublions pas que la seule finalité du stade adulte de l'insecte est la reproduction, le mâle ayant rempli son rôle, là s'arrête sa raison d'être et donc sa vie. En prenant celle-ci, la femelle assure la pérennité de l'espèce, tout simplement.

Didier Roustide nous précise : "qu'il s'agit là d'un mâle, la femelle étant plus dodue et plus lourde, ses antennes plus courtes".

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.