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Corneille noire

La corneille noire est visible dans presque toute l'Europe, et semble fréquenter de plus en plus les villes. Souvent regardée d'un sale oeil par superstition hier et par préjugés aujourd'hui. Elle fait dans la nature oeuvre utile en débarrassant les charognes et les malades ; mais en ville, fouiller les poubelles ne lui attire pas la sympathie générale. Ses cris puissants et rauques à quelques mètres des fenêtres sont parfois un peu envahissants mais elle a fière allure.

silhouette

Classification

: Corvidae

: Corvus corone


Noms vernaculaires

: Corneille noire

: Carrion Crow

:

: Corneja

: Cornacchia comune europea


Physiologie

: 44-51cm

: 93-104cm

: 540-600g

: 5-10ans

: non menacée

: j f m a m j j a s o n d


De deux couples installés dans mon quartier en 1999, ce sont environ une dizaine d'individus qui visitent depuis couramment mes pelouses (depuis 2004) et souvent elles qui me réveillent le matin de leurs croassements, dont la ligne mélodique ne vaut pas celle du merle, qui, lui, oublie même parfois de se coucher !


25 avril 2007, Parc de Bercy, Paris (France)

Corneille noire

Dans la rue Kessel qui divise le parc de Bercy en deux, les platanes ont été élagués en fin d'hiver. Après avoir longtemps servi de poste d'observation aux Pigeons colombins en début de printemps (ils se sont faits très discrets depuis) ils servent souvent de perchoirs de chant aux Etourneaux mais il en est un qui abrite depuis une dizaine de jours au moins cette Corneille bien installée dans son nid et dont on ne voit le plus souvent que la queue qui dépasse de la structure. C'est lorsqu'elle change de position ou arrange un peu les brindilles autour d'elle qu'on a le plus de chances de la repérer. Au sommet de son mat encore peu feuillu elle a une vue imprenable sur les deux parties du parc, la Seine proche et les habitations mitoyennes.

 

17 février 2007, Parc Montsouris, Paris (France)

Corneille noire Je suis témoin cet après-midi d'un comportement que je n'avais encore jamais observé : certaines corneilles se couchent sur la pelouse, s'écrasant au sol, ailes repliées mais très écartées du corps, posées au sol. Corneille noire
Ainsi plaquées sur la pelouse, elles scrutent le ciel, attendent un moment puis recommencent le même manège un peu plus loin. Que recouvre cette attitude ? Une parade nuptiale peut-être ? A étudier...
J'avais vu juste, ainsi que le confirme Paul Géroudet* : "Le mâle gonfle les plumes de la tête, s'incline en révérences devant la femelle, les ailes pendantes, la queue en éventail, abaisse le bec et agite la tête en produisant avec effort un craquement ou d'autres sons bizarres. Ces cérémonies sont plutôt le fait des paires en formation que des vieux couples, semble-t-il."
Clotilde Voineau, passant sur cette page me fait part de ses réflexions : "[...] si le soleil était au rendez vous ce jour là, il s'agit d'un bain de soleil qu'affectionnent particulièrement les corvidés, et dont certainement ils ont besoin pour la beauté de leur plumage. Ils s'écrasent au sol, toutes rémiges déployées, très souvent ouvrent un peu le bec, leur tête se met à pencher sur le côté dans une totale décontraction, ils déplient le maximum de plumes pour prendre les bons rayons. Lorsqu'on ne connait pas ce phénomène on pourrait croire qu'ils sont en train de mourir ou d'être en proie à une crise d'épilepsie. Ils restent ainsi complètement immobiles puis s'ébrouent et en une seconde ils sont repartis comme si rien ne s'était passé". Son explication me semble tout à fait recevable, c'était effectivement une très belle journée et l'on peut supposer que ces oiseaux rechargeaient leurs batteries sous ses rares rayons chaleureux de fin d'hiver car je pense plus dans cette hypothèse à une quête de l'énergie qu'à un effet cosmétique sur le plumage...
Corneille noire Elle sont très nombreuses dans ce parc et bien présentes sur toutes les pelouses. Le lieu très fréquenté des promeneurs est par conséquent riche en détritus de toute sorte qu'elle met un point d'honneur à éparpiller pour mieux en faire le tri. Corneille noire
Il n'est pas rare de la voir éventrer les sacs plastiques des poubelles pour récupérer les restes de "mal bouffe" : petits pains au sésame, cheddar, hamburger, nuggets et autres "délices"... Au cours de ses parties de recyclage elle fait parfois des découvertes qui éveillent sa curiosité comme en témoigne la série de photos ci-dessous.
Corneille noire

- Tiens, c'est quoi ce "ça" ? C'est sympa, ce p'tit bouton rouge...

- Ça se mange ?
- Pas sûr, ça a l'air coriace, j'arrive pas à en arracher une becquée...
- Bah, laisse tomber alors.

- Non, non, on sait jamais, ça peut servir, moi, ce "ça" là, il me plait bien, je le garde...

- Ah oui ? Et ben, t'as pas l'air finaude avec ton "ça sert à rien" !

Corneille noire
Corneille noire Corneille noire

 

* GEROUDET Paul, (1998), "Les Passereaux d'Europe", Tome 2, 5ème édition, Delachaux et Niestlé.

 

Voir aussi :

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.