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Etourneau sansonnet

D'origine eurasienne, il peuple aujourd'hui la plupart des pays du monde. Il est bien présent sur toute la France. De la taille du merle, et d'ailleurs souvent confondu avec celui-ci, il n'est pas rare en ville où il squatte les parcs et les pelouses d'immeubles. Il vole souvent en nuées denses avant de former son dortoir, en nombre parfois si important qu'ils sont alors considérés comme un fléau, bien qu'utiles prédateurs d'insectes. Omnivore, c'est un oiseau très animé et actif. Il niche dans les trous d'arbres et s'approprie souvent les nids construits par d'autres oiseaux.

silhouette

Classification

: Passériformes

: Sturnidae

: Sturnus vulgaris


Noms vernaculaires

:

: Common Starling

: Star

:

: Storno europeo


Physiologie

: 21cm

: 37-42cm

: 75-90g

: Jusqu'à 5 ans

: non menacée

: J F M A M J J A S O N D


Dossier spécial "Dortoir BNF". Hiver 2005-2006

Ce sont de grands imitateurs et l'on ne compte plus le nombre d'espèces dont ils sont capables d'imiter le chant ou le cri, à tel point qu'on finit même par les employer comme doublure au cinéma.


Je remercie tout particulièrement les membres du Corif qui m'ont aidé dans ce travail en me fournissant de nombreux détails et conseils ainsi que la Responsable des Espaces Verts de la BNF pour ses informations sur l'historique de ce dortoir et les opérations d'effarouchement.

Contrairement au classement ante-chronologique habituel des pages de ce site, celle-ci est classée dans un ordre chronologique normal pour en faciliter la lecture intégrale. Commençons donc par le début, l'arrivée des étourneaux à la BNF et conséquemment mes premières observations.

21, 24 et 28 décembre 2005, BNF, Paris (France)
Etourneau sansonnet
Arrivée tournoyante des nuages d'étourneaux entre les tours.
Depuis quelques jours les étourneaux sont de retour dans le jardin de la BNF pour y établir leur dortoir. Le rituel est bien établi. Ils arrivent au coucher du soleil et repartent avant le lever se nourrir dans les plaines de la Seine et de la Marne (très probablement).
Etourneau sansonnet
Vue générale du jardin de 12 000 m² depuis l'esplanade.
Leur arrivée offre un spectacle grandiose qu'il faut avoir vu au moins une fois. Ce soir (21/12) je suis sur place un peu en avance. Rien ici, rien à l'horizon... Juste quelques chants d'oiseaux dans le jardin, notamment de merles. Un petit vol d'une cinquantaine d'individus passe au-dessus du jardin de la bibliothèque nationale et s'en vont. Une minute après, nouveau groupe d'une centaine. Pendant cinq minutes les groupes se suivent plus ou moins régulièrement, puis ils commencent à s'agréger, se densifient. Quelques passants me rejoignent, intrigués de me voir le nez en l'air, tourner sur moi-même comme un derviche. D'autres vols surgissent à l'horizon et viennent gonfler les effectifs qui commencent à tourner entre les quatre tours. A chaque passage dense les merles alarment et leurs chants s'espacent. Au fur et à mesure que la lumière baisse ce sont, non plus des vols, mais de véritables nuages d'étourneaux qui arrivent de l'ouest et se joignent aux précédents. Les vols perdent de l'altitude et passent à une vingtaine de mètres au-dessus de nos têtes dans un froissement d'ailes très nettement perceptible alors que pas un cri ne trouble le calme du lieu. Tout à coup, sans que rien ne laisse présager du phénomène, tous les oiseaux s'abattent sur les arbres dans un seul vol plongeant, avec une synchronisation époustouflante. Le calme est rompu immédiatement dans un concert de cris qui va durer une bonne demi-heure, le temps que chacun trouve sa place sans empiéter sur l'espace du voisin. Pendant cinq minutes quelques vols retardataires arrivent encore... Puis le silence se fait presqu'aussi soudainement que l'atterrissage. En moins d'une minute tout le monde se tait, plus de mouvements, à quelques rares exceptions près.

Etourneau sansonnet
Installés tout au long des branches disponibles.

Etourneau sansonnet
Plus difficiles à compter dans les conifères dans la lumière mourante.

Etourneau sansonnet
Le jardin est construit en cour intérieure, bien abrité du vent.

Je m'avoue bien incapable de dire combien ils sont. J'ai eu vent de quelques chiffres. On m'a dit des milliers, voire des dizaines de milliers. On en aurait dénombré 10 000 en 2003, voire 24 000 ou 30 000 ; ces chiffres montrent déjà la difficulté de l'exercice ... Je me suis donc livré à une évaluation statistique. Le jardin a une surface de 12 000 m². En enlevant le cheminement le long des façades et les trous de frondaison je garde 6 000 m² "habitables". Je compte les populations de quelques arbres pour en déduire une densité moyenne (visible, donc a minima) d'une trentaine d'oiseaux au m². Cela donne 18 000 oiseaux environ. Mais il faut compter qu'ils logent sur plusieurs étages, les étages inférieurs étant souvent un peu moins denses que les cimes. Comptons 50% de plus et on obtient 27 000 oiseaux. Une deuxième évaluation en comptant quelques arbres "représentatifs" multipliés par le nombre d'arbres habités m'amène sensiblement au même résultat. Ce nombre est toutefois à considérer avec les précautions d'usage, il est le reflet de mes propres perception et méthodologie, et je serai amené à le corriger si j'ai plus d'information.
Pourquoi avoir choisi ce lieu plus spécialement ? Mon hypothèse tient à la protection particulière qu'offre ce petit bois. Suffisamment vaste avec ses 12 000 m² pour abriter une telle population il est implanté au fond d'un puits où il est peu sensible au vent. D'autre part il est probable que la température y est plus élevée qu'aux environs en raison de la proximité des bâtiments et de leur déperdition énergétique. Certainement plus confortable que les bois de Vincennes ou de Boulogne par exemple. Le confinement du lieu ne facilite probablement pas non plus la tâche des prédateurs.
Ils ne passeront pourtant pas tout l'hiver ici car il y a fort à parier que la BNF les incitera comme par le passé (début 2004 et janvier 2005) à visiter d'autres lieux en faisant appel à des fauconniers et surtout à leurs rapaces pour les effaroucher. En effet une telle concentration d'oiseaux n'est pas sans impact sur la qualité et même la survie des plantations qui subissent l'acidité des déjections.

24 décembre - Par un beau coucher de soleil

Avant d'aller apprécier le réveillon, nous profitons, mon épouse et moi-même, du soleil de cette belle après-midi et terminons notre promenade par le spectacle du coucher des étourneaux à la BNF. Je pensais que le regroupement se ferait un peu plus tard que le 21 qui était un soir de ciel couvert et sombre. Aujourd'hui le ciel est lumineux, rose à souhait sur l'ouest. Pourtant les premiers vols arrivent à la même heure qu'à ma précédente observation, à la minute près. Tout est conclu avec le même chrono. A une différence près toutefois. Il me semblait au moment de l'atterrissage qu'ils étaient beaucoup moins nombreux que la dernière fois. Après deux minutes, un spectaculaire envol remet tous les individus déjà posés dans les airs, alors même qu'une énorme vague arrive dans le couchant les rejoindre et tous se reposent à nouveau dans un concert de cris. Si le 21 la plus grosse part des oiseaux étaient arrivée sur un axe Place d'Italie-BNF, cette fois ils semblent presque tous venir dans l'axe de Gentilly, loin sur l'horizon donc sans avoir effectué de pré-dortoir proche. Le beau temps les avait peut-être incité à traîner sur les lieux nourriciers jusqu'au dernier moment.

Pour assister à ce spectacle, il faut être au bord du jardin de la BNF à 16h45 et patienter le nez en l'air. A 17h10, tout est fini. Quelques Pigeons ramiers errent d'un arbre à l'autre sur toute la surface du jardin à la recherche d'une branche libre. Il serait bien difficile d'entendre encore les Mésanges, Pinsons et Merles que nous écoutions en attendant le lever de rideau.

28 décembre - Essai de comptage en vol

Le 28 décembre je reviens tenter un comptage en me postant sur le trajet final des oiseaux, soit entre le complexe cinéma MK2 et les voies SNCF de la Gare d'Austerlitz pour avoir une vue plus dégagée. Cela me permet en outre d'observer les regroupements en pré-dortoir qui ont lieu sur des immeubles proches dont les toits, les antennes TV et téléphone et leurs haubans sont noirs de monde. Coup de chance, ce soir là, les étourneaux arrivent en flux presque continu, leurs formations évoquent plus un ruban qu'un nuage, ce qui simplifie considérablement mon travail effectué par une méthode de compatge par "saucissonage". Mon chiffrage tourne autour de 32 000 oiseaux (à 15% près). Ce nombre semble crédible aux ornithos ayant assisté au spectacle ces derniers jours et à la responsable de la BNF chargée de cet espace vert que j'ai contacté pour gagner quelques informations complémentaires. Je la remercie au passage pour sa gentillesse et sa patience lors de mes diverses sollicitations.

13 janvier - Après les couchers d'étourneaux... le lever

J'ai dû tomber du lit, c'est pas possible autrement ! Ce matin, je suis à 7h20 à la BNF. 100m avant l'esplanade, j'ai déjà la certitude qu'ILS sont encore là, le concert de cris et sifflements ne trompe pas. Dès mon arrivée un paquet d'oiseaux s'envole déjà. A 7h25, un deuxième prend les airs. S'ensuivent dix minutes de grand rassemblement. Les oiseaux d'en bas rejoignent ceux d'en haut, ceux des arbres périphériques se concentrent vers les arbres les plus centraux. Petit à petit le sommet des pins change de couleur. Malgré la nuit encore sombre, la différence est nette. A 7h35, une masse imposante s'envole vers le sud par vent d'est, tourne face aux tours sud et file au-dessus du MK2, plein ouest. De ce nuage revient une louche d'oiseaux qui refait un tour d'esplanade et se repose. Il en reste encore en grand nombre au jardin qui recommencent à se concentrer, cette fois sur les pins les plus au nord du jardin. Ils donnent l'impression de se regrouper en bout de piste ! A 7h50, une masse aussi imposante que la précédente prend l'air sans autre bruit que le froissement d'ailes et suit le même trajet que leurs prédécesseurs. Ils ont effectivement utilisé toute la longueur de "la piste" en survolant bas tout le jardin. C'est fini, il n'y a plus un bruit... pendant une bonne minute... et un merle entame un récital de chants qui résonne sur les vitres. Salue-t-il le calme et l'espace retrouvés ?

16 janvier - Pré-dortoir du parc de Bercy

Ce soir, je délaisse le spectacle pour m'intéresser au rassemblement qui prélude au coucher. Les étourneaux font en effet ce que l'on appelle des pré-dortoirs : ils se rassemblent progressivement en un (ou plusieurs) lieu(x) plus ou moins proche(s) du dortoir choisi quelques minutes ou dizaines de minutes avant de s'installer pour la nuit. 17h15, du haut du colimaçon au sud-est du parc, j'observe les groupes plus ou moins nombreux arrivant de l'est de Paris qui se posent sur les toits des immeubles puis avancent en vagues successives et bruyantes d'arbres en arbres autour du Pavilon du Lac, puis en bordure sud-ouest du parc. Deux ou trois faux départs... Qui a donné le signal ? Les voilà tous partis vers la bibliothèque. Il est 17h35, ils sont dans les temps. Ils ne sont pas les seuls d'ailleurs  ; une gardienne pousse les passants dehors, elle ferme le parc.

17 janvier - Pré-dortoir du parc de Bercy (suite)

Je me poste dès 17h10 en bord de Seine, avec vue sur le parc d'un côté, sur la BNF de l'autre, sur le trajet prévisible du grand départ. Nos amis arrivent comme hier, se massent petit à petit sur les arbres les plus proches du quai. Le bruit est impressionnant et les envols fréquents. Ne faites pas comme moi, ne restez pas en-dessous, il fallait bien que cela finisse par m'arriver, je me suis fait bombarder ! Ploutch ! Beurk ! Coucher final à 17h35.

18 janvier - Pré-dortoir du parc de Bercy (suite)

Léger changement de programme ce soir, nos amis délaissent le sud du parc pour le nord. Ils feintent... Ils arrivent pour beaucoup par l'ouest, traversent la Seine au sud de la BNF, tournent en fond sud de parc au-dessus des premiers immeubles et remontent se réunir sur le secteur du POPB (Palais Omnisport de Paris Bercy), me laissant tout bête à l'autre bout du parc ! D'autres passent au milieu des tours de la bibliothèque, hésitent, font un tour de l'esplanade et piquent direct sur le nord du parc. Je ne verrai pas s'ils ont utilisé les poutrelles externes de cette salle pour saisir quelques bribes du concert de Mylène Fermière ! Je me décide à changer de poste d'observation quand un énorme nuage d'oiseaux décolle et traverse la Seine pour aller se coucher ; il est 17h30. Trop tard, on ne peut pas gagner à tous les coups.

19 janvier - Pré-dortoir du parc de Bercy (suite)

On ne se lasse pas du spectacle, et hier j'ai été frustré... Ce soir, on croirait qu'ils veulent se faire pardonner. Après m'avoir balladé du sud au nord puis au sud puis au centre du parc, les voilà décidés à se rassembler en bordure centre-ouest du parc pour l'essentiel (face au pont de Tolbiac). On se tasse, on se pousse, on s'envole, on se repose trois mètres plus loin... ça s'organise, il en vient de partout, des petits groupes et des énormes... beaucoup de l'ouest, qui traversent la Seine en dédaignant la BNF au passage (comme hier). L'heure avance, quelques faux départs... et c'est parti, un groupe d'éclaireurs traverse le fleuve et plonge entre les tours. Un très gros groupe suit, un deuxième... alors que le premier revient déjà par le nord du parc ! Ce circuit va se poursuivre pendant une dizaine de minutes, donnant la nette impression qu'ils font ainsi deux ou trois tours de manège. Quel évènement les perturbe ? Qui décide de l'atterrissage final ? Alors qu'un groupe est encore sur le retour, c'est d'un coup un flot continu, massif, dense qui se dirige en ligne presque droite sur les tours, se masse en file d'attente et plonge sur l'esplanade. Ce soir tout le monde est rentré à 17h50, pour un rassemblement qui a démarré comme d'habitude à 17h00. Un quart d'heure de retard sur l'horaire habituel. C'est peut-être comme au théatre, les rappels s'intensifient quand on approche de la dernière. Quittant moi aussi les abords du parc, après avoir nettoyé la décoration dont ils m'ont encore affublé au passage, je les rejoins au jardin et je vais passer là trois bons quarts d'heures à répondre à bien des questions sur le nombre, l'espèce, l'origine, où et quoi mangent-ils, et la grippe aviaire, sont-ce de vrais oiseaux ou une musique diffusée dans le jardin, sont-ils là depuis longtemps, le jardin était-il prévu pour eux... Je m'efforce de répondre au mieux. Depuis le début de l'hiver que je suis d'autant plus régulièrement leurs allées et venues qu'ils sont à mi-chemin entre le bureau et mon domicile, j'ai eu le temps de me documenter un peu, avec l'aide de mes amis ornithos du Corif entre autres. J'espère avoir répondu au mieux à chacun.

21 janvier - Dernière visite avant dispersion

Ce soir j'emmène ma fille et son ami au spectacle. Il y a eu des soirs plus grandioses mais ils n'ont pas regretté d'être venus. Depuis le temps que je décrivais le phénomène à la maison, ils s'attendaient à voir des oiseaux en nombre... en grand nombre... pourtant l'étonnement est encore au rendez-vous ! On dit les jeunes blasés, mais leur réaction est rassurante. Nous avons eu droit à un rassemblement sur Bercy peu visible depuis l'esplanade de la BNF après quelques traversées de la Seine de groupes venus de l'ouest. L'arrivée finale s'est déroulée en quatre ou cinq grosses vagues avec peu de survol du jardin préalable entre 17h20 et 17h30. Tous couchés à l'heure exacte du coucher de soleil donné pour 17h30 aujourd'hui à Paris. De soir en soir, on dénombre me semble-t-il de plus en plus de curieux autour du jardin... mais tout de même baucoup moins que d'étourneaux. L'opération d'effarouchement est commandée pour après-demain, gageons qu'il y aura encore plus de curieux.

23 janvier - Les fauconniers en action

Buse de Harris

Buse de Harris

Buse de Harris

Des curieux, des appareils photo, des caméscopes, de 7 à 77 ans...
"Qu'est-ce qui se passe, m'sieur, si on met pas de gant ?" demande un enfant...
Ces buses se laissent photographier à quelques centimètres...
C'était prévu depuis déjà quelques temps et l'opération d'effarouchement a été effectuée ce soir. Trois fauconniers étaient présents en milieu d'après-midi pour préparer leurs oiseaux. Cinq buses de Harris sont installées sur l'esplanade et attendent l'heure de passer au travail. En attendant elles admirent les badauds qui arrivent de plus en plus nombreux pour les voir. Elles sont les vedettes du jour, plus encore que les étourneaux auxquels on s'est habitué petit à petit. Voici quelques portraits de ces oiseaux que vous retrouverez bientôt sur une page dédiée où seront disponibles des gros plans intéressants. Il fait un temps superbe mais un froid vif, qui va se faire de plus en plus glacial avec le coucher du soleil. Nos amis étourneaux se doutent-ils de quelque chose... ils tardent à rentrer au dortoir et errent longtemps sur le parc de Bercy où ils se sont rassemblés comme tous ces derniers jours. On se retrouve entre Corifiens, LPOssiens, curieux, passants... de nombreux enfants, jeunes ados, une poussette (le plus jeune ornitho du groupe probablement, pas encore équipé de jumelles)... Un faucon pélerin a aussi fait le voyage mais ne sera pas utilisé, le site ne se prêtant pas idéalement aux évolutions de ce chasseur qui pourrait se révèler difficile à récupérer ensuite.
Buse de Harris Buse de Harris Buse de Harris
Regardez mon joli grelot.
Les juvéniles ont encore la poitrine tachetée de blanchâtre.
L'oeil vif et le plumage irisé.
Chacun peut à loisir prendre quelques photos pendant les préparatifs. Quelle confiance chez ces oiseaux de travail qui se laisse approcher à quelques centimètres sans montrer ni crainte ni agressivité. Ils ne sont pourtant pas à proprement parler apprivoisés. S'ils reviennent vers leur maître après avoir été lachés, ce n'est pas par affection mais par faim ! Ils sont maintenus à un poids de chasse idéal ; trop nourris, ils n'auraient aucune raison de revenir là où ils sont surs de trouver à manger sans effort, pas assez nourris ils n'auraient pas la force de chasser, il faut donc les maintenir au juste poids à 10g près.
Buse de Harris Buse de Harris Buse de Harris
Vérification des jets, lanières de cuir permettant de tenir l'oiseau au poing.
Installation de l'émetteur à la queue.
Pour faciliter leur repérage lors du travail ils sont munis de grelots. Au cas où il leur prendrait l'envie de faire une fugue ils sont de plus équipés d'un minuscule émetteur fixé sur la queue qui permettra de les retrouver par radio-tracking. Récepteur et antenne sont prêts à l'emploi dans le camion.
Buse de Harris Buse de Harris Buse de Harris
Attache à la barricade en attendant l'heure de travailler.
Instant de complicité.
L'émetteur et son antenne sur la queue.

Buse de Harris

Video

Rapaces au poing, soleil couchant, il est temps de commencer...
Le jour commence à décliner... Nous commençons à taper des pieds, pas d'impatience, de froid !... Des groupes d'étourneaux de plus en plus denses arrivent enfin et hésitent à se poser. La lumière ne permet plus que difficilement la photo mais il est encore possible de filmer quelques séquences.

Les fauconniers mènent grand bruit, lâchent leurs rapaces qui ne se décident pas tout de suite à se mettre en chasse. Rien de spectaculaire de ce côté pour ce soir, les buses ne se montrent pas très agressives. Cependant jamais il nous a été donné de voir un aussi beau spectacle de vols chez les étourneaux... ça dure, ça dure... ils plongent, remontent dans un concert de cris, voltent et virevoltent... Ils finissent par se poser quand même vers 18h15 et il deviendra bien difficile alors de les déloger. Les rapaces qui volent au travers des pins les dérangent très localement mais ne les effraient pas suffisamment pour leur faire quitter durablement les lieux. Les fauconniers utilisent alors des perches enrubannées de ruban de chantier, y joignent cris et coups de sifflet, descendent au jardin, rappellent leurs buses, les renvoient à nouveau... Cette action de rabattage conjuguée aux vols des buses finit par porter ces fruits et de nombreux oiseaux lèvent le camp et ne reviennent pas. Des branches de bouleaux plient à se rompre sous le nombre des réfugiés quand ils se rassemblent dans un angle, et se redressent comme des catapultes lors des envols. Les départs sont de plus en plus nombreux et quand le froid finit par avoir raison de notre patience vers 19H00, on peut dire que le résultat est atteint à plus de 90%. Peut-être faudra-t-il "une piqure de rappel", elle est prévue demain soir. Je n'y serai pas, appelé par d'autres chouettes activités ornithologiques mais je ne manquerai pas de vous informer des conclusions de cette histoire.

24 janvier - Les fauconniers en action (deuxième round)

Je ne pouvais être à ce deuxième effarouchement ce soir. Je vous livre les observations de Yves et Marie-Yvonne Gestraud, rencontrés la veille et retournés sur place : "D'abord la météo : aussi froid qu'hier. Nous arrivons à 17h, les fauconniers étaient déjà là et finissaient de préparer les buses, au nombre de trois. A 17h30 arrivée de quelques groupes d'une dizaine d'étourneaux qui se regroupent aux alentours, surtout vers Bercy. Pendant ce temps les fauconniers tenaient les buses, criaient et sifflaient pour effrayer les étourneaux. Lâcher des trois buses vers 17h40. A 17h50 rassemblement général de 2000/3000 oiseaux et tentatives d'atterrissages. Vers 18h quelques centaines réussissent à se poser, rapidement chassés par les buses mais néanmoins 200 à 300 parviennent à leur fin. Il fait nuit. 18h30 les fauconniers récupèrent les buses, sauf une toujours pas reprise lorsque nous partons à 18h55. Conclusion, l'effarouchement d'hier a été efficace puisque beaucoup moins d'étourneaux sont revenus et très peu ont réussi à se poser".

25 et 26 janvier - Quelques retours (~300)

Ces deux soirs, quelques centaines d'étourneaux sont de retour au dortoir. Un peu plus le 26 que le 25, mais cela ne doit pas dépasser les 10% des effectifs d'origine. Ils se couchent ces deux soirs entre 17h30 et 17h50. Les arrivées se font très dispersées et non plus en grandes formations comme avant.

30 janvier - Réveil difficile !

Les étourneaux rescapés ne sont plus pressés de se lever et à 8h00, frigorifié en plein vent sur l'esplanade, je quitte les lieux avant eux. Le lever du jour est pourtant bien entamé, contrairement à mes précédentes observations.

01 février 2006 - Les retours s'intensifient !? (~8 à 10 000)

Ce matin à 8h05, heure à laquelle je suis passé par l'esplanade en allant au bureau, aucun étourneau n'était présent. L'heure de départ semble donc être un peu plus aléatoire que ce que j'avais pu observer à la mi-janvier où il était trés net qu'ils partaient une heure avant le lever du soleil.

Surprise ce soir, où j'ai observé leur arrivée en compagnie de Sylvie Boufflet... nous avons assisté de 17h45 à 18h00 à un retour en force de 8 à 10 000 oiseaux ! Nous nous sommes demandés si le froid de ces derniers jours n'y était pas pour quelque chose. Ce grossissement progressif des effectifs nous interroge aussi sur la communication des groupes précédemment dispersés. Nous suivrons l'évolution de la population dans les jours qui viennent pour savoir s'il est nécessaire de faire une piqûre de rappel. A noter que les années précédentes les oiseaux ne s'étaient pas réinstallés ainsi après effarouchement.

02 février 2006 - Pour en avoir le coeur net... (~3300)

Ce matin à 8h00, personne, j'ai dû tomber le 31/1 sur un matin d'exception...

Comptage facilité ce soir par des arrivées dispersées de 3300 individus de 17h40 à 18h10. Loin du compte relevé hier, en utilisant pourtant les mêmes méthodes, résultat confirmé par une impression générale de moindre densité tant en vol que posés.

03 février 2006 - Les jours se suivent et ne se ressemblent pas... (~2300)

J'avais dû les louper de peu hier matin... Aujourd'hui, les premiers levés forment un groupe de 500 environ et quittent le dortoir à 7h50. Les suivants prennent leur temps, discutent (peut-être de la météo qui n'est pas engageante)... 8h00... frigorifié dans le petit vent glacial qui soufffffle entre les tours je décide d'abandonner la veille et de rejoindre le bureau... au chaud ! Je fais trois pas et le bruit d'ailes dans mon dos me fait lever la tête : 2000 oiseaux s'en vont plein sud, passant à ma verticale... disparaissent aux lointains encore sombre de ce matin neigeux... et le reste, 1000 autres, part à son tour dans la même direction. Si la pièce a été jouée de la même manière hier, je les ai donc manqué de trois minutes tout au plus. Ils sont partis, dans un tout petit degré au-dessus de zéro, un quart d'heure avant le lever du soleil (prévu à 8h13), immédiatement suivis de quelques flocons de neige timides. Le nombre de départ confirme bien le comptage d'hier soir.

Ce soir, je suis à pied d'oeuvre de 17h30 à 18h10... il fait encore plus froid que ce matin (-2°C au thermomètre de mon balcon ce soir) et bien des lecteurs sortant de la bibliothèque pour rentrer chez eux doivent me prendre pour un fou, la tête en l'air et mon petit carnet à la main ! Jamais il n'a été aussi facile de les compter, tant les arrivées sont diffuses, par petits groupes de 10 en moyenne, étalées de 17h40 à 18h00 (pour un coucher de soleil à 17h41). La marge d'erreur ne peut être supérieure à 5% pour un nombre de 2300. C'est en gros 1000 de moins qu'hier. Les 8 à 10 000 d'avant-hier constituaient donc probablement une exception, puisque nous voilà revenus au nombre de rescapés de l'effarouchement. Ca laisse de la place pour les pigeons ramiers qui sont un certain nombre dans le jardin... mais ceci est une autre histoire qu'il faudra peut-être conter (ou compter) un jour...

06 février 2006 - Suivi des effectifs... (~4000)

Ce matin lors de mon passage à 8h05, il n'y avait déjà plus personne. Aujourd'hui, environ 4000 oiseaux se posent vers 18h00.

21 février 2006 - Un effectif choc... (~30 000)

Je n'ai pas fait d'observation sur ce lieux en plein courant d'air ces derniers jours pour cause de mauvais rhume. Vous voudrez bien me pardonner cette interruption momentanée d'infos. Par un ciel nuageux et gris, peu lumineux, Une ronde massive évolue longuement au-dessus de l'esplanade, un spectacle comme je n'en avais plus vu depuis quelques semaines. De 18h15 avec l'arrivée des premiers éclaireurs à 18h30 où tout le monde se pose, il est impossible de procèder à un décompte prècis et c'est à la louche, par comparaison avec les observations de ces derniers mois que j'avance ce chiffre de 30 000 qu'il faudra prendre avec d'autant plus de prudence que les effectifs sont assez fluctuants d'un jour à l'autre depuis l'effarouchement de fin janvier.

22 février 2006 - Un effectif encore important... (~7000 à 8000)

Il faut en avoir le coeur net, et je retrouve Sylvie ce soir pour comparer nos données. Les premiers étourneaux arrivent vers 18h20 par un temps plus clair qu'hier et semblent rapidement devoir être moins nombreux qu'hier, nous laissant la possibilité d'une évaluation raisonnablement précise. Quelques arrivées en masse vont anéantir nos espoirs d'un comptage significatif, mais nous tombons d'accord sur un ordre de grandeur de 7 à 8000 oiseaux, ce que confirme l'impression générale par rapport à hier.

01 mars 2006 - Dehors tout le monde, les fauconniers reviennent... (~10 000)
Quand je dis ~10 000, je parle des étourneaux, bien sûr, pas des fauconniers ! La BNF a décidé de réïtérer l'opération d'effarouchement et ce soir Mr Lefranc est là avec ses Buses de Harris. Les faucons sont restés à la maison, ils n'avaient pas été utilisés lors de l'opération de janvier.
Buse de Harris

Buse de Harris

 

Buse de Harris
Le mâle Kiki et les femelles Notre-Dame, Tornade et Java vont s'en donner à coeur joie pendant deux bonnes heures. Pas facile encore une fois d'interdire l'aterrissage sur la zône aux 10 000 étourneaux (environ) qui se présentent au rendez-vous vers 18h45, soit un bon quart d'heure plus tard que d'habitude, ce qui laisse penser qu'ils "sentent" un danger ou tout au moins une source de difficultés. A 19h00 ils décident de se poser malgré les rapaces. Le scénario de janvier se reproduit à l'identique. Guidées par les sifflets et les cris de leurs fauconniers elles chassent les oiseaux posés d'un bout à l'autre du jardin. Ce manège finit par payer et vers 20h00, quelques centaines seulement d'irréductibles résistent encore à l'envahisseur !
Buse de Harris Buse de Harris Buse de Harris
Les Buses se posent à l'affut aussi bien dans les arbres que sur les poutrelles métalliques qui prolongent horizontalement les rambardes (une horreur ces poutrelles, soit dit en passant, Mr l'architecte, elles bouchent la vue, obligeant à s'acroupir au sol ou à se pencher dangereusement par dessus pour y voir quelque chose). De là nous verrons quelques beaux départs de chasse en piqué. Au cas où l'une d'entre elles aurait l'idée d'une fugue, elles sont équipées d'un émetteur permettant leur repérage par radio-tracking. Un astucieux système permet la mise en place et le retrait de l'appareil en quelques secondes (voir la photo centrale ci-dessus), un clip qui s'insère dans un minuscule bout de tuyau plastique collé une fois pour toutes sur une des plumes caudales, l'opération est donc évidemment sans douleur.
Une piqûre de rappel est prévue pour demain soir. On sait déjà qu'une des buses, qui s'est gavée d'un Ramier bien gras à souhait (elle ne peut dissimuler le renflement de son jabot !) ne chassera pas demain, ayant largement dépassé son poids de chasse. Je doute qu'elle ne se plaigne après cette bombance !

02 mars 2006 - La piqûre de rappel... (~5000)

Même scénario qu'hier soir mais pour moins d'étourneaux revenus, environ la moitié. Après un aterrissage à 19h00 suivi de nombreuses attaques et quelques prises, seule une centaine d'individus particulièrement têtus restent encore passer la nuit. On estimera cette population négligeable pour la santé de la végétation locale, Les branches des arbres sont recouvertes d'une croûte de fientes qu'il était nécessaire de ne pas laisser s'épaissir au risque de dépérissement. Si les oiseaux reviennent au rythme où il sont revenus après la première opération il y a fort à parier que nous ne reverrons plus les mêmes effectifs puisqu'ils vont bientôt entrer dans la période de migration de printemps et déserter les lieux qui se referont une santé en leur absence. Pour ceux et celles d'entre-vous qui ont loupé ces épisodes, rendez-vous à l'hiver prochain car il est fort probable que cet hotel 4 étoiles refasse le plein !

13 avril 2006 - Une population résiduelle (~1000)

Sylvie Boufflet a eu le courage d'attendre la tombée de la nuit, aux environs de 20h30 en cette mi-avril, pour faire un comptage de la population résiduelle d'étourneau. Voici son compte-rendu de ma soirée d'hier : "Mes craintes se sont vus confirmées. Pas aussi nombreux qu'avant, une bonne partie est sans doute retournée vers le nord, j'ai quand même pu en estimer pas loin d'un millier. Ils arrivent par 2, puis par 5 puis par 10, puis par 20... Pas de gros nuages, mais beaucoup de petits groupes (5 à 20) qui se posent dans chaque extrémité du jardin, d'où cette importante concentration de déjections encore présente. Les ramiers sont encore nombreux (peut-être de 500 à 700, je n'ai pas fait de réel comptage), mais eux partent normalement un peu plus tard et il faisait encore assez frais ces derniers temps (si la température est un facteur de signal de départ). Il semble que de nombreux couples d'étourneaux soient en train de se former ou soient déjà formés. J'ai un peu peur maintenant d'une sédentarisation. Le nombre est minime, mais la durée risque de compenser... et avec les beaux jours à venir, les déjections acides ne seront pas lavées par les pluies. Enfin, soyons optimistes, ces trainards vont peut-être rejoindre leurs compagnons plus tard... même si d'après les livres ils sont censés avoir quitté leur site hivernal à la mi-mars !!!".

Notons que selon les sources, la migration de printemps se situe entre mi-mars et mi-avril, et que les coups de froid de ce début de printemps en ont peut-être "refroidis" quelques-uns ! Mai et juin nous diront s'il y a vraiment sédentarisation ou migration tardive. De nombreux étourneaux nichent par ailleurs en ce moment dans le parc de Bercy, à 30 secondes de vol. La sédentarisation en question ne serait donc pas forcément une vaine crainte même si rien n'indique pour le moment une quelconque corrélation entre ces deux populations.

Bref rappel sur les années passées.

  • A l'hiver 2003-2004, le jardin de la BNF avait déjà été choisi comme dortoir par cette espèce. Selon les chiffres dont aucun ne semble avoir été officialisé ce sont entre 15 et 30000 oiseaux qui s'étaient installés là pour l'hiver. Après quelques semaines de séjour sans souci ils ont dû faire face à la décision de la direction de l'établissement de les chasser pour préserver l'intégrité de la flore locale, leurs déjections acides mettant en péril les arbres fragiles de ce jardin clos. Une entreprise d'effarouchement était donc intervenue avec des rapaces avec le résultat escompté. Les oiseaux n'étaient pas revenus.

  • A l'hiver 2004-2005, il y eut une nouvelle tentative d'installation. Cette fois la BNF a opté pour une dissuasion immédiate de même nature que l'année précédente et le dortoir ne s'est pas constitué.

Questions & réponses diverses :

  • En savoir plus sur la BNF.
    Pour plus de renseignements sur la BNF elle-même, vous visiterez utilement le site officiel de l'établissement.

  • Pourquoi y a-t-il des silhouettes d'oiseaux sur les vitres ?
    La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) est la mieux placée pour vous répondre.

  • EGEF - L'entreprise appelée pour l'effarouchement
    Depuis plus de trente ans, Paul Lefranc, directeur de l'Entreprise Génerale d'Effarouchement et Fauconnerie, a elaboré une maîtrise unique dans le domaine de l'ethologie animale. Grâce à ses connaissances approfondies, Paul et son équipe peuvent cerner et solutionner les problèmes causés par les oiseaux.

Réactions

Voici un témoignage d'un visiteur anglais, Anthony Strugnell, (que je félicite au passage pour la maîtrise de notre langue) qui confirme de récentes lectures à propos des étourneaux outre-Manche faisant état d'une diminution de près de 70% de l'espèce en 25 ans. "C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai découvert votre beau site, en tapant "Étourneaux à Tolbiac" dans Google. Universitaire anglais à la retraite, mais travaillant toujours dans une équipe de recherche qui me voit assez souvent à la BnF de Tolbiac, j'ai vécu un peu avant Noël cette extraordinaire expérience du dortoir des étourneaux au jardin de la BnF. C'était d'autant plus fascinant pour moi que depuis quelques années on ne voit plus ces extraordinaires volées hivernales d'étourneaux chez nous. On ne sait trop quelle est la cause de cette disparition. Peut-être le manque d'insectes, dû à l'intensification de l'exploitation agricole. Par le passé, je regardais souvent pendant des heures de mon bureau de véritables nuages d'oiseaux qui tourbillonnaient au-dessus des collines qui dominent mon village du Yorkshire. Quelle fut donc ma surprise de revivre cette expérience au coeur de Paris ! Vos belles pages illustrées m'ont permis de savourer de nouveau ce moment. Je vous en remercie".

Voir aussi :

En raison du volume d'information ou du nombre de photos disponibles sur ce sujet, l'ensemble a été découpé pour optimiser le chargement, n'hésitez pas à visiter aussi les pages suivantes : Accueil du dossier , 2002_et_2003 , 2004 , 2005 , 2005_Bnf , 2006 , 2007 .

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.