Didier Roustide
accueil / oiseaux / passereaux / etourneau-sansonnet 

Etourneau sansonnet

D'origine eurasienne, il peuple aujourd'hui la plupart des pays du monde. Il est bien présent sur toute la France. De la taille du merle, et d'ailleurs souvent confondu avec celui-ci, il n'est pas rare en ville où il squatte les parcs et les pelouses d'immeubles. Il vole souvent en nuées denses avant de former son dortoir, en nombre parfois si important qu'ils sont alors considérés comme un fléau, bien qu'utiles prédateurs d'insectes. Omnivore, c'est un oiseau très animé et actif. Il niche dans les trous d'arbres et s'approprie souvent les nids construits par d'autres oiseaux.

silhouette

Classification

: Passériformes

: Sturnidae

: Sturnus vulgaris


Noms vernaculaires

:

: Common Starling

: Star

:

: Storno europeo


Physiologie

: 21cm

: 37-42cm

: 75-90g

: Jusqu'à 5 ans

: non menacée

: J F M A M J J A S O N D


Dossier spécial "Dortoir BNF". Hiver 2005-2006

Ce sont de grands imitateurs et l'on ne compte plus le nombre d'espèces dont ils sont capables d'imiter le chant ou le cri, à tel point qu'on finit même par les employer comme doublure au cinéma.


19 mai 2007, parc de Bercy, Paris (France)

Etourneau sansonnet

Je rejoins ce matin une classe d'une école voisine, en sortie d'observation dans le parc. Nous arrivons au pied d'un vieil arbre noueux lorsque s'envolent deux Pigeons colombins sortant d'une large cavité propice à leur type de nid. S'y installe immédiatement un Etourneau mâle (base du bec bleutée). Cet oiseau est assez coutumier de ce type d'effraction.
Par ailleurs, ce matin, j'ai pu observer une bonne dizaine de jeunes Etourneaux tout juste envolés dans le secteur de la roseraie, quémandant sur les mûriers... ils savent déjà ce qui est le régal de leurs parents.

 

12 mai 2007, parc de Bercy, Paris (France)

Etourneau sansonnet

Ce matin, alors que je suis à la recherche d'indices de nidification ou de naissance, j'assiste impuissant à un drame de l'existence.

Etourneau sansonnet

Ce très jeune Etourneau (dont le bec gris est encore ourlet de jaune) est tombé dans un bassin, a-t-il fait une erreur de vol, a-t-il voulu boire, a-t-il été attaqué par une Pie ou une Corneille... je ne le saurai pas. L'appareil photo était prêt, pour photographier tout autre chose bien sûr... et j'ai déclenché par réflexe, l'oiseau étant de toute façon hors de portée. Deux clichés séparés de moins de dix secondes. Je suis alors surpris de voir cet oisillon flotter sur l'eau alors que visiblement épuisé il lache l'herbe où il se cramponnait. Si je trouvais une branche, il lui resterait peut-être une chance... mais dans un parc bien propret... le coup de vent de la nuit dernière en a justement jeté une à vingt mètres de là, et je la mets doucement à l'eau en la rapprochant de l'oiseau, qui ne cherche plus à s'évader, je la glisse en dessous de lui, espérant qu'il l'agrippe, en vain, il ne bouge plus... je réussis à le faire glisser doucement sur l'eau sans le faire chavirer et à le rapprocher de moi mais quand je le prends dans mes mains, il est déjà trop tard, ses yeux se sont fermés et son petit coeur ne bat plus... sa jeune vie s'est enfuie, l'effort trop grand, l'hypothermie, le stress, peut-être même a-t-il bu la tasse. Un adulte tourne en vain en criant au-dessus de nous, un bout de mie de pain dans le bec. Un instant de tristesse que salue la pluie qui se met à tomber doucement. J'ai hésité à publier ces photos ; considérez-les comme un dernier hommage. Pour les enfants qui liront ces lignes, comprenez-bien que la mort fait partie de la vie et que la nature c'est autant ces petits drames quotidiens que les belles photos que je vous montre habituellement.

 

25 avril 2007, parc de Bercy, Paris (France)

Etourneau sansonnet

Dans la rue Joseph Kessel les platanes ont été élagués en fin d'hiver et servent depuis de perchoirs aux Etourneaux chanteurs.

Etourneau sansonnet
Les mêmes perchoirs ont d'abord servi plus tôt en saison aux Pigeons colombins qui se sont faits discrets depuis. Les chants des Etourneaux ne dérangent pas la Corneille qui couve à deux pas ou plutôt à deux branches de là.

100 millions d'étourneaux en Algérie

Les étourneaux, fléau pour les oléiculteurs algérois, seraient 100 millions dans tout le pays. Dessinant d’énormes vagues et pirouettant dans le ciel, des rubans de milliers d’oiseaux en rangs serrés survolent Alger. Cet hiver, les Etourneaux sansonnets sont particulièrement nombreux. Les spécialistes de l’Institut national pour la protection des végétaux les estiment à 100 millions dans tout le pays et, à 50 millions, rien que pour la capitale, contre 20 millions les années précédentes. Après avoir niché en Europe du Nord au printemps et en été, ce petit migrateur s’installe pour la saison froide, exactement de septembre à mars, en Afrique du Nord. La spécialité du Sturnus vulgaris : il passe la nuit en ville mais peut parcourir plus de 100 kms pour chercher à manger. « Il est possible de rencontrer les mêmes oiseaux dans la journée à Bouira, et à partir de 17h à Alger », explique Embarek Guendez, directeur général de l’INPV. Son péché mignon : les olives. Et c’est bien là tout le problème. Au même titre que le Criquet pèlerin ou le Moineau espagnol, l’Etourneau est classé parmi les fléaux de l’Algérie. « On considère qu’un individu mange en moyenne deux olives par jour et qu’en les picorant, il en fait tomber plusieurs autres. En une année, il cause la perte de 50 000 tonnes d’olives, soit 80 000 hectolitres d’huile », calcule Fayçal Djebaïli, responsable de la lutte contre les étourneaux à l’INPV. Estimation des dégâts : 1,5 million de dinars. A ce coût doit être ajouté celui, non évalué, des dégâts indirects. Au Jardin d’essais du Hamma, un de ses dortoirs préférés, avec le parc du consulat français, les branches des arbres cassent sous le poids des oiseaux alignés pour dormir. Les fientes, acides, ont brûlé plusieurs espèces végétales exotiques. Quand elles ne participent pas à l’apparition anarchique des oliviers. Car le noyau d’olive garde toute sa viabilité au cours du transit intestinal, et une fois rejeté sur le sol, germe à nouveau. Pour lutter contre l’envahissant passereau, peu de moyens existent. Aidé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’INPV en est encore au stade d’expérimentation. « Nous sommes impuissants face à ce phénomène, reconnaît Embarek Guendez, parce qu’il faudrait intervenir au moment de la reproduction. Or l’Etourneau niche en Europe où il est protégé. » David Bismuth, du site français www.ornithomedia.com, précise : « En Europe de l’Est, sa reproduction est même encouragée car, pendant la période de nidification, il mange beaucoup d’insectes et s’avère donc plus utile que nuisible à l’agriculture. » En Algérie, même si le problème n’est pas nouveau, l’INPV n’a pu que très récemment cerner les difficultés rencontrées par les agriculteurs. « Nous avions du mal à cerner les dégâts car nous avions peu de plaintes. Contrairement à d’autres, la culture de l’olivier n’est pas organisée. » Grâce à l’effaroucheur sonore, l’étourneau a toutefois quitté les jardins du Palais du peuple, incommodé par les déflagrations déclenchées par l’appareil. « Le système est très au point, souligne Fayçal Djebaïli. Les déflagrations, irrégulières, empêchent l’animal de s’habituer à un bruit cyclique. En revanche, il ne peut être utilisé qu’en protection de petits espaces, d’une vingtaine d’hectares. Cette technique n’est pas applicable à l’agriculture. » De même, l’effaroucheur simulant les cris de rapaces, prédateurs de l’Etourneau, ne peut être utilisé que de manière isolée. Les experts de l’institut ont aussi essayé le filet de capture. Installé discrètement pendant la nuit près des arbres-dortoirs, il permet de capturer les oiseaux, attirés par la lumière placée à l’extrémité du filet. « Malheureusement, avec le sansonnet, les essais sont peu convaincants, regrette Kheddam Mohammed, responsable des campagnes à l’institut. Il est trop méfiant. Et puis, si on connaît les dortoirs en ville, il est plus difficile de les localiser en milieu rural… » Jean-Laurent Hentz, ornithologue, ajoute : « Ces techniques ne conduisent de toute manière qu’à déplacer les dortoirs ou à les éclater en de nombreux nouveaux dortoirs. Peut-être serait-il préférable d’accepter leur présence en un lieu donné, qui permette de limiter leur dispersion au moins pendant la nuit. » Seule solution préconisée par l’INPV : les explosifs, aussi utilisés par les Tunisiens pour protéger les oliveraies. « Nous la recommandons parce que nous sommes exposés, par ailleurs, au risque de grippe aviaire, mais il faut bien reconnaître qu’elle est assez agressive », note Embarek Guendez. Agressif est un doux euphémisme. Le tir de dynamite détruit le tympan de l’oiseau. Or le système auditif joue un rôle essentiel dans la migration. Si, en plus, du gravier est ajouté à l’explosif, c’est, à plus ou moins long terme, la mort assurée pour l’oiseau blessé.

Mélanie Matarese (Source : El Watan )

Voir aussi :

En raison du volume d'information ou du nombre de photos disponibles sur ce sujet, l'ensemble a été découpé pour optimiser le chargement, n'hésitez pas à visiter aussi les pages suivantes : Accueil du dossier , 2002_et_2003 , 2004 , 2005 , 2005_Bnf , 2006 , 2007 .

accueil / oiseaux / passereaux / etourneau-sansonnet 
Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.