Classification
- O : Passériformes
- F : Fringillidae
- GE : Carduelis cannabina
Noms vernaculaires
- Français : Linotte mélodieuse
- Anglais : Eurasian Linnet
- Allemand : Bluthänfling
- Espagnol : Pardillo Común
- Italien : Fanello
Physiologie
- Longueur : 12-14cm
- Envergure : 21-25cm
- Poids : 15-20g
- Longevité : 2-3 ans
- Statut : espèce non menacée
- En France : J F M A M J J A S O N D
Présente sur presque toute l'Europe, s'étendant très au nord en été.
- • Accenteur mouchet
- • Alouette des champs
- • Bergeronnette des ruisseaux
- • Bergeronnette grise
- • Bruant des roseaux
- • Cassican fluteur
- • Chardonneret elegant
- • Cincle plongeur
- • Etourneau sansonnet
- • Fauvette a tete noire
- • Fauvette grisette
- • Garrulaxe ocelle
- • Grimpereau des jardins
- • Grive mauvis
- • Grive musicienne
- • Grosbec casse noyaux
- • Hirondelle de fenetre
- • Hirondelle de rochers
- • Hirondelle rustique
- • Linotte melodieuse
- • Merle a plastron
- • Merle noir
- • Mesange a longue queue
- • Mesange bleue
- • Mesange charbonniere
- • Mesange noire
- • Moineau domestique
- • Pie grieche ecorcheur
- • Pinson des arbres
- • Pipit farlouse
- • Pipit maritime
- • Pouillot veloce
- • Rougegorge familier
- • Rougequeue noir
- • Serin cini
- • Sittelle torchepot
- • Tarier patre
- • Tarin des aulnes
- • Troglodyte mignon
- • Verdier d europe
6 mai 2008, falaises amont, Etretat (Seine maritime - France) |
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| De nombreux oiseaux bordent ces falaises et il n'est pas toujours facile de les identifier, à moins d'en bien connaître les chants, ce qui n'est pas encore mon cas, lorsqu'ils se cachent ainsi au milieu des ronces. Attiré par des chants mélodieux mon oreille a guidé mon objectif qui a d'abord accroché ce mâle de Linotte mélodieuse qui ne me laisse que le temps de faire ces deux photos au jugé avant d'aller voir ailleurs si j'y suis. Puis c'est au tour de la femelle (au centre) que je ne reconnais pas ; la révélation s'est faite à la lecture des photos... avec l'aide de Frédéric Malher. L'oeil collé au viseur en découvrant ces oiseaux j'avais tout d'abord eu l'idée que ce mâle était celui de la Pie-grièche écorcheur. Sa face mal éclairée m'a trompé, la silhouette générale, la taille, les couleurs, l'environnement, rien de tout cela ne pouvait guère m'aider, si ce n'est peut-être la barre allaire blanche absente chez la Pie-grièche et à y bien regarder (mais sur la photo seulement, pas sur le terrain) la forme plus conique du bec chez la Linotte (crochu chez la Pie-grièche). | ||
Mais d'où vient donc cette expression : "Tête de linotte" ?
Le dictionnaire des expressions et locutions (Alain Rey et Sophie Chantreau, Collection « Les usuels », Dictionnaires Le Robert, 1989) précise : "Evoquant une personne étourdie, distraite, écervelée, cette expression repose sur une comparaison avec l'oiseau appelé la Linotte. Dans la psychologie populaire, les oiseaux sont considérés comme ayant peu de présence d'esprit, une pensée futile. On notera qu'étourdi vient du latin populaire exturdire, qui signifie proprement avoir le cerveau (étourdi comme) celui d'une Grive (turdus)". Bon, que la Linotte, comme la Grive, aient une cervelle d'oiseau on en conviendra aisément, mais pourquoi tout spécialement la Linotte ? Nous voilà guère plus avancés.
"Jeune maison d’édition, Tête de linotte a vu le jour en mars 2002 à Rennes. Depuis, elle publie les aventures maritimes de Tom, petit garçon de la côte et de son vieux loup de mer de grand-père". Tiens donc, il semblerait donc qu'en grandissant on puisse perdre sa tête de linotte puisqu'elle est ici spécifiquement destinée à la jeunesse... qu'acquière-t-on à la place ?
La Linotte construit parfois son nid si près du sol que le moindre prédateur se prend les pieds dedans et en fait une omelette (je caricature un peu mais le fond est avéré), poussant notre oiseau à de fréquentes couvées de remplacement. Il faut peut-être voir dans cette inconscience une des origines possibles de l'expression. L'inconscience étant en outre le propre de la jeunesse, c'est peut-être la raison pour laquelle il y a moins d'adultes "têtes de linotte" que d'enfants ; bien qu'il existe de grands enfants...
Si l'on en passe par l'étymologie on remarquera bien évidemment que Carduelis cannabina ne se contente pas du chardon (cardus) comme son copain Chardonneret (Carduelis carduelis) mais y ajoute... le chanvre (cannabis). Quand on sait les dégats que fait celui-ci sur la cervelle des jeunes d'aujourd'hui (d'hier aussi d'ailleurs, mais ils étaient moins nombreux à en consommer) on commence à comprendre pourquoi on a choisi cette pauvre Linotte pour décrire l'état vaseux, voire comateux où se trouve celui qui est étourdi. Dans les régions où le chanvre ne pousse pas, la Linotte, qui lui doit son nom latin en se gavant de chènevis, se rabat sur les graines de lin à qui elle doit son nom vernaculaire. Nos rejetons ne devront pourtant pas en prendre de la graine (si j'ose dire) et se rabattre sur le même ingrédient qui ne serait pas non plus sans effet, provoquant probablement, entre autres, un absentéïsme remarquable à cause de ses vertus purgatrices...
Arrivé à ce point de mes digressions et de mes recherches linottiennes, je tombe sur une page du site "La Plume", un site au demeurant fort volatile (dixit), consacrée au sujet. Son auteur, Renan Levaillant, ornitho et écrivain, y délire autant que de coutûme sur le sujet qui nous occupe et vous livre une prose qui ne rejoint la mienne que sur le fond et la dépasse de loin sur le plan sémantique. Rendez-vous chez lui pour comprendre pourquoi "linotte" rime avec "litote". Ouvrez une " Tête de Carduelis Cannabina" dans une nouvelle fenêtre et à tout de suite... j'ai encore plein d'oiseaux à vous montrer !






