Société française d'odonatologie
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Notions générales de classification

Ceux qui ont fait du latin à l'école vont rajeunir, pour les autres, rassurez-vous ce n'est pas si compliqué que ça en a l'air.

Sources

Michael Chinery (in "Insectes de France et d'Europe occidentale"), Wolgang Dierl & Werner Ring (in "Guide des insectes"), INRA-OPIE, Encyclopédie Encarta, Wikipédia, divers dictionnaires...


Qu'est ce que la "classification" ?

Avant de parler de classification des espèces, et pour répondre au monsieur qui lève la main au fond de la salle... "les espèces de quoi ?" demande-t-il judicieusement. Les espèces de tout, cher monsieur, les espèces de bêtes, petites et grosses, les espèces de plantes... Autrement dit, et pour parler un langage un peu plus scientifique : toutes les espèces contenues dans les règnes animal et végétal essentiellement. Ainsi est établi tout un système de rangement, de la chemise à la salle d'archive, en passant par le classeur et l'armoire, regroupant les éléments par groupes de caractéristiques communes. L'élément unitaire de cette classification est l'espèce, le regroupement le plus vaste étant le règne.

araignées insectes myriapodes crustacés
Voici quelques exemples de regroupement montrant bien à la fois les caractéristiques communes et divergentes de chaque groupe (illustrations empruntées à l'encyclopédie Encarta). On notera au passage les différences fondamentales qui font, contrairement aux idées habituellement répandues, que les araignées (arachnides) ne sont pas des insectes.

 

Nous nous concentrerons ici sur le règne animal où nous aurons déjà fort à faire, même sans le parcourir dans son ensemble, mais dans chaque règne viennent ensuite des embranchements ou phylums, eux-mêmes suivis (dans un ordre d'importance décroissante) par les classes, ordres, familles, genres, tribus, et espèces.

R Règne   Animal Cet exemple de l'abeille domestique, bien connue de tous, nous aidera à situer les différents regroupements que constitue la classification.Dans les fiches de ce site, on utilisera une dénomination arbitraire courte pour désigner les groupes où un 's' signifie 'sous' et un 'S' 'super'.
E Embranchement Arthropoda Arthropodes
C Classe Insecta Insectes
O Ordre Hymenoptera Hyménoptères
sO Sous-ordre Aculeata Aculéates
SF Super famille Apoidea  
F Famille Apidae Abeilles supérieures
G Genre Apis  
e Espèce Apis mellifera L. Abeille domestique

Taxonomie ou taxinomie ?

Notons avant d'aller plus loin, que les naturalistes parlent aussi couramment de taxonomie ou de taxinomie pour désigner la classification. La taxinomie est la branche de la biologie spécialisée dans la classification des espèces et dans leur nomenclature (attribution des noms). Le terme taxinomie, du grec taxis, «ordre» et nomos, «loi», est souvent remplacé par celui de taxonomie, créé en 1813 par Augustin Pyrame de Candolle à partir de taxon, terme générique désignant un groupe d'espèces appartenant à un niveau hiérarchique quelconque de la classification (espèce, genre ou encore embranchement…).

Un peu d'histoire ?

Un mot d'histoire et nous passons aux choses sérieuses. La notion de classification ne date pas d'hier puisque c'est Aristote qui proposa le premier système au IVème siècle avant JC ! Mais le fondement de la classification moderne a été posé au XVIIIème siècle par Carl von Linné (1707-1778), naturaliste et médecin suédois, qui a établit le système binominal encore en vigueur aujourd'hui. Il travaille avec Pierre Artedi, en s'appuyant en partie sur les travaux de l'Anglais John Ray et du Français Sébastien Vaillant, qui n'ont pas abouti à un système cohérent. Malgré une farouche opposition de certains savants de son époque, comme Buffon, ses travaux, entre autre résumés dans un ouvrage longtemps remanié, le "Systema naturae", s'imposeront dès la fin de son siècle. La taxinomie actuelle utilise encore largement la nomenclature binominale inaugurée par Linné mais les critères de classification sont différents et se fondent aujourd'hui sur les relations évolutives entre les espèces déterminées par la génétique, la biochimie et la morphologie.

Découpage

Un règne est le niveau le plus élevé de la classification scientifique du monde vivant. On admet généralement l'existence de cinq règnes : les bactéries, les protistes (êtres vivants constitués d'une cellule unique, dont certains ont des affinités avec le règne animal tel un mode de nutrition par ingestion, et d'autres avec le règne végétal telle la capacité à réaliser la photosynthèse), les champignons, les végétaux et les animaux. Le règne animal qui nous intéresse plus particulièrement ici est subdivisé en une trentaine d'embranchements.
Un embranchement est un ensemble d'êtres vivants dérivant tous d'un ancêtre commun. Les embranchements, également nommés clades ou phylums, correspondent à de grands types d'organisation. Ils admettent des sous-embranchements.
Une classe est une grande division d'un embranchement d'êtres vivants, elle-même subdivisée en ordres. Elle admet des super-classes et des sous-classes.
Un ordre définit un certain nombre de caractéristiques qui indiquent une origine évolutive commune à plusieurs membres et qui les rendent nettement différents de ceux des autres ordres. Il admet des super-ordres et des sous-ordres.
Une famille est un groupe de genres qui ont des caractères communs. Les noms des familles, dans la classification moderne, sont généralement tirés de l'un des genres de la famille, appelé genre type. Elle peut admettre des super-familles ainsi que des sous-familles.
Une tribu est un regroupement intermédiaire entre le genre et la famille (ou sous-famille), utilisé pour les groupes qui nécessitent des séparations plus nombreuses.
Un genre est un ensemble d'espèces qui ont de nombreux traits en commun, mais ne sont pas interfécondes (en principe).
Une espèce regroupe des individus très étroitement apparentés, pouvant se reproduire entre eux. Elle admet des sous-espèces.

Le système binominal

Scientifiquement, et ceci depuis Linné donc, on nomme un organisme en lui assignant un nom latin (souvent du latin de cuisine) constitué de deux parties, le nom de genre suivi du nom d'espèce. Dans la nomenclature zoologique, le nom du genre et celui de l'espèce peuvent être identiques. Ce binom est écrit en italique, le nom de genre prenant toujours une majuscule, il est suivi du nom du premier descripteur de l'espèce (entre parenthèse si l'espèce a depuis était rattaché à un autre genre que celui décrit originellement). Ce nom est abrégé seulement quand il s'agit de Linné (L.) ou de Fabricius (F.). L'avantage de cette règle est qu'elle est universellement reconnue, contrairement à l'usage des noms vernaculaires (usuels dans le pays ou la région d'origine), qu'il convient toutefois de mentionner en complément afin d'en garder la mémoire.
Exemple : Calopterix virgo (L.) signifie que l'espèce virgo du genre Calopterix avait été originellement décrite par Linné mais dans un autre genre.

Du latin, encore du latin, toujours du latin

On l'a compris, la seule dénomination qui vaille est en latin. Les noms vernaculaires gardent toute leur importance mais pas en tant que discriminant. Il est intéressant de garder à l'esprit les terminaisons latines des différents groupes qui permettent de retrouver rapidement la hiérarchisation d'un espèce :

  • Super-ordre : oidea
  • Ordre : a    
  • Super-famille : oidea  
  • Famille : idae
  • Sous-famille : inae
  • Tribu : ini

Voir aussi :

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Par respect de la vie tous les clichés sont pris in vivo & in situ. N'étant pas un scientifique, j'ai pris le parti de photographier les animaux que je rencontre dans le plus grand respect de leur qualité de vie, en respectant les distances de sécurité de chaque espèce, sans les déranger dans leurs recherches de nourriture ou leur reproduction, notamment. Des contraintes qui apportent des frustrations qu'il faut accepter.